Édito. Michel Daerden : simplement un homme

Paul Piret Publié le - Mis à jour le

Belgique

D’une de ces pirouettes qu’il étalait avec un don singulier, d’un de ces lourds clins d’œil qui lui étaient si familiers, Michel Daerden confiait volontiers qu’il aurait voulu être un artiste On n’est pas sûr ni que le monde culturel en eût été grandi, ni qu’il eût pu s’y épanouir avec toute la présence dont il fit montre dans une carrière publique longue et féconde ! Pourtant, l’animal politique talentueux qu’il fut dut composer progressivement avec la bête de scène qu’il devint. Et dimanche soir, alors que la grande faucheuse était venue irrémédiablement couper un fil devenu soudain trop fragile, il était malaisé, à l’heure d’un premier bilan, de prétendre lequel de ces êtres, responsable ou bouffon, l’emporta sur l’autre.

Plutôt, c’est le même. Unique dans son genre, mais unifié comme tout un chacun. Même étonnante à maints égards, même détonante de toutes les manières, la trajectoire de Michel Daerden vient spectaculairement mais simplement rappeler avant tout qu’une personnalité publique est aussi, est d’abord, un être humain. Comme tout être, pétri de grandeurs et de faiblesses, modelé d’ombres et de lumières. Avec force, intelligence et passion, avec aussi rouerie, frasques et dérision, le défunt aura porté les unes et les autres au sommet voire à l’excès. C’est tout. C’est déjà beaucoup. Ça restera.

Tandis que l’énigme s’épaissit un peu plus à vouloir savoir ce qui, du comique ou du tragique, est le plus désespéré

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