Belgique

Les perquisitions menées dans les milieux religieux malinois ont de quoi troubler la communauté catholique. Le Vatican n’a d’ailleurs pas manqué de manifester son "indignation" après que les enquêteurs eurent ouvert une ou des tombes d’archevêques défunts. Il parle aussi d’amertume "face à des infractions à la confidentialité à laquelle ont droit les victimes".

La démarche de la justice mérite-t-elle l’opprobre qu’elle entraîne chez certains ? Non. Le récent accord passé, sous l’égide du ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, entre le ministère public et la commission créée au sein même de l’Eglise pour traiter les cas d’abus sexuels commis sur des mineurs par des clercs, part peut-être d’une intention louable, celle de définir une méthode de travail permettant aux victimes potentielles de sortir de leur silence sans craindre d’être automatiquement placées sous les feux des projecteurs de la justice pénale et des médias.

Mais cet accord est bancal, car il laisse à l’Eglise une curieuse marge de manœuvre, qui ne tient pas compte du fait que lorsque des infractions graves sont susceptibles d’avoir été commises, les promesses de confidentialité passent après le nécessaire travail de mise en évidence de la vérité judiciaire. Il est bancal parce qu’il ne lie pas les juges d’instruction, dont l’indépendance fait heureusement fi de tels accommodements, même raisonnables.

Le juge De Troy l’a fait comprendre en reprenant la main, jeudi. On espère qu’il a agi fort d’un dossier solide et sans arrière-pensée. Si c’est le cas, il n’y a aucune raison qu’il ménage qui que ce soit.