Éditorial : La Wallonie, une évidence

Paul Piret Publié le - Mis à jour le

Belgique

Voilà 100 ans, en octobre 1912, un premier Congrès wallon se déroulait à Charleroi. En pleines "Fêtes", comment ne pas saluer son inspiration pionnière ! Car depuis, le chemin parcouru porte les traces des pressentiments d’alors. Ceux de la fragilité du pays, de la nécessité d’autres projets, de la montée potentielle de nouvelles communautés de destin. Pourtant, comment ne pas admettre aussitôt que la Wallonie ne s’impose pas encore comme une évidence ? Le militantisme wallon a été trop longtemps marginal et mal compris. En écho, il reste à faire pour digérer, entre Wallons, et avec les Bruxellois, une évolution du pays irréversible et encore inachevée; et d’abord pour appréhender combien les Régions doivent se préparer à assumer une autonomie toujours plus poussée.

S’agissant de la Wallonie, ce ne pourra s’accomplir sans ouverture ni redéploiement. Rayon redéploiement, s’il y a lieu de réfléchir à des horizons de 10 ans, ce ne peut être aussi sans agir au plus concret et au plus vite. Rayon ouverture, si l’on doute peu de celle des Wallons sur le monde, celle entre eux reste loin d’être acquise, toujours contrariée par les particularismes et baronnies. A cet égard, sans rien avoir d’une panacée, l’idée d’une circonscription électorale unique pour une partie des députés wallons peut participer à la toujours nécessaire confection d’une identité commune. On comprend mal ceux qui la rejettent sans débat, singulièrement au CDH, alors qu’ils défendent, en vain, un concept comparable au niveau belge. En tout cas, voilà encore une querelle que la coalition Olivier aurait pu nous épargner.

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