Belgique Selon Damien Ernst, la Wallonie est plus touchée que la Flandre.

Le plan de délestage dévoilé par le ministre de l'Intérieur Melchior Wathelet, en cas de pénurie d'électricité cet hiver, serait déséquilibré entre la Flandre et la Wallonie. C'est ce qu'estime le professeur Ernst (ULg) dans un entretien accordé au journal Le Soir lundi. La carte illustrant les cabines de distribution susceptibles d'être déconnectées en cas de grand froid cet hiver a fait bondir Damien Ernst, professeur en électromécanique à l'ULg. Selon lui, "72% des postes wallons pourraient être coupés, contre 38% en Flandre".

Pour le professeur, Elia et le gouvernement doivent s'expliquer sur la méthodologie retenue, en toute transparence. "Et si ce que je suspecte est vérifié, il faudra rectifier le tir car le déséquilibre est trop important", souligne-t-il.

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Catherine Fonck réclame une clarification d'Elia

La secrétaire d'Etat à l'Energie Catherine Fonck s'interroge sur les équilibres entre les Régions dans la répartition de l'effort demandé en cas de pénurie d'électricité et a réclamé lundi des éclaircissements à Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité. Le plan de délestage présenté la semaine dernière par le ministre de l'Intérieur Melchior Wathelet (cdH) a été élaboré par Elia sur la base des contraintes techniques du réseau et de l'arrêté ministériel du 03 juin 2005, a rappelé Mme Fonck (cdH) à l'agence Belga.

"Le résultat du travail d'Elia suscite un certain nombre de questions en termes d'équilibre entre les Régions dans la répartition de l'effort demandé", a estimé Mme Fonck.

Elle a demandé à Elia de clarifier la manière dont le gestionnaire est arrivé à ce plan et les critères qui, outre ceux prévus par l'arrêté ministériel, ont été appliqués.

De son côté, le ministre wallon de l'Énergie Paul Furlan a indiqué sur Twitter que, bien qu'il s'agisse d'une compétence fédérale, il prendrait contact avec Elia pour approfondir les conditions du plan de délestage.

Le plan de délestage a une "vision de technicien et non communautaire"

Le plan de délestage dévoilé par le ministre de l'Intérieur Melchior Wathelet, en cas de pénurie d'électricité cet hiver, a une "vision de technicien et non communautaire". Il est basé sur cinq zones électriques et non sur les Régions, a tenu à préciser la porte-parole d'Elia, gestionnaire du réseau de transport haute tension. Dans une interview accordée au journal Le Soir, Damien Ernst, professeur en électromécanique, estimait que le plan était déséquilibré entre la Flandre et la Wallonie.

Les cinq zones électriques sont historiques et correspondent aux centres de contrôle qui existaient début 2000, dans les régions du centre (CE), du Nord-ouest (NW), du Nord-est (NE), du Sud-ouest (SW) et du Sud-est (SE).

Le plan de répartition, qui s'appuie sur des expériences vécues sur le réseau, date de la panne électrique de 1982, lorsque des mesures locales ont dû être prises en raison d'un problème de tension, afin de garder le réseau en équilibre et éviter les baisses de fréquence. Ce plan a été approuvé en 2002 par le régulateur et le ministre, et confirmé en 2005 par arrêté ministériel, précisant certains critères.

Il avait pour objectif premier d'établir "une bonne répartition géographique. C'est un héritage du passé qui garantit l'équilibre de fréquence et de production. Il permet également de garder un équilibre sur l'ensemble du réseau", a souligné Axelle Pollet, porte-parole d'Elia.

L'action concrète réalisée lors du délestage, indispensable pour éviter l'effondrement total avec des conséquences graves pour l'ensemble du réseau européen, est un retrait de 500MW de consommation répartis sur l'ensemble des cinq zones dans lesquelles on retire une tranche de 100 MW, mais le plan se traduit différemment à l'échelle des Régions.

Damien Ernst, professeur à l'ULg, affirme en effet que le plan de délestage est déséquilibré entre la Flandre et la Wallonie. Selon lui, "72% des postes wallons pourraient être coupés, contre 38% en Flandre", alors que la Wallonie consomme environ deux fois moins d'électricité que la Flandre.

La secrétaire d'Etat à l'Energie, Catherine Fonck, en charge du plan de délestage établi par Elia, a de son côté réclamé lundi des éclaircissements au gestionnaire du réseau quant à la répartition de l'effort demandé en cas de pénurie d'électricité.

Au cabinet de Melchior Wathelet, chargé pour sa part de la gestion de crise en cas de pénurie d'électricité, on soulignait cet héritage du passé et l'importance de ne pas faire de ce dossier un problème communautaire. Avancer un autre équilibre entre régions pourrait par ailleurs s'avérer coûteux en termes d'aménagement voire de changement des cabines électriques.

Cette carte reprend les tranches prévues dans le plan de délestage électrique du plan fédéral.

Il suffit d’allumer ou éteindre chaque "tranche" en décochant ou cochant les calques.

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Crédit: E.S./IPMgroup|Données: SPF Economie