Belgique

Renaud Hardy est une "bombe à retardement", craint l'avocat de l'une des deux femmes victimes d'une tentative d'assassinat.

"Le stress peut le faire complètement dérailler et celui-ci peut être causé par un rejet, une discussion ou un simple mot. C'est un homme très dangereux", a ainsi prévenu mardi matin Walter Damen.

Le président s'est concentré sur les faits que Renaud Hardy avait commis en octobre 2014 et pour lesquels il avait fait de la détention préventive durant quelques mois de la même année. Le quinquagénaire avait alors tiré sur une femme roulant à vélo avec un fusil à plomb, qu'il gardait toujours dans sa voiture, selon ses dires. Il a déjà été condamné dans ce dossier mais une procédure en appel est encore en cours.

"Elle a été victime par hasard", a expliqué l'accusé. "Je ne la connaissais pas. Je ne voulais pas la toucher mais bien la terroriser. J'étais moi-même tellement blessé et j'ai voulu faire ressentir à quelqu'un d'autre à quel point j'étais blessé."

Le même soir, Renaud Hardy avait sonné à la porte d'une autre femme et lui avait également tiré dessus avec cette arme. A huit mètres de distance, selon lui. Des faits qu'il a reconnus en novembre dernier lors d'une audition qu'il avait lui-même demandée. Il avait alors confié avoir visé le coeur de la victime lors de son geste. Une version qu'il n'a admise devant la cour qu'après avoir été interrogé sur le sujet à quatre reprises par le président mardi.

Audience brièvement suspendue mardi matin

L'interrogatoire de Renaud Hardy, accusé de deux assassinats, de deux tentatives d'assassinat et de viol avec torture, s'est poursuivi mardi matin devant la cour d'assises de Tongres, à l'occasion du deuxième jour de ce procès. La séance a cependant été rapidement suspendue. Tout comme lundi, le Malinois âgé de 55 ans répondait en effet à côté des questions. Et lorsque le président de la cour Dirk Thys l'a rappelé à l'ordre, l'homme s'est emporté et a lui-même demandé une suspension. L'accusé a été interrogé sur les tentatives de meurtre sur A. H. et l'actrice Veerle Eyckermans ainsi que sur l'assassinat de son ex-compagne Linda Doms, âgée de 52 ans. Mais, à chaque fois que le président de la cour posait une question à Renaud Hardy, celui-ci répondait à côté de la question. Dirk Thys l'avait pourtant prévenu qu'il n'accepterait plus une telle attitude mais l'accusé a poursuivi dans cette voie. Finalement, ce dernier a fait appel à son avocat et a lui-même demandé de suspendre l'audience, ce qui a été accepté.

Renaud Hardy, qui bénéficie désormais d'une table pour y déposer ses documents, s'est par ailleurs plaint au président d'un problème de vision depuis son transfert de Termonde à Hasselt. Il ne peut plus voir de loin, semble-t-il. Un ophtalmologue l'a ausculté vendredi soir et l'accusé devait recevoir des lunettes afin de résoudre ce problème. Mais il ne les a toujours pas reçues, déplore-t-il.

L'intéressé a en outre fustigé le fait qu'on ne lui ait pas gardé de repas à la prison lundi soir, où il est arrivé à 18h50, et qu'il n'ait pu manger que des tartines à la mi-journée.

"Je ne peux pas régler cela pour vous d'ici", lui a rétorqué le président, qui a concédé que cela pouvait être une situation désagréable. Dirk Thys a assuré que la procureure générale prendrait contact avec la prison afin d'examiner si cette problématique pouvait être résolue. "Nous essayons de répondre à toutes les demandes raisonnables", a-t-il dit.

Après contact avec la direction de la prison d'Hasselt, il s'avère que l'homme a bien reçu à manger, en l'occurence des tartines. En raison d'une erreur, son nom ne se trouvait apparemment pas sur la liste pour les repas chauds. La procureure générale a assuré que le problème serait réglé dès ce mardi soir et qu'il recevrait en outre des lunettes mercredi.

L'interrogatoire a finalement pu reprendre normalement vers 11h. Avant l'audition des premiers témoins vers 14h00, à savoir les enquêteurs de la police judiciaire fédérale de Malines et Hal-Vilvorde, qui dévoileront l'ensemble de leur travail.