Belgique

Les violences, le 11 novembre au centre de Bruxelles, avaient porté un rude coup à l’image de la police de Bruxelles. Elle n’avait pas anticipé l’ampleur de ces rassemblements après la victoire de l’équipe nationale du Maroc contre la Côte d’Ivoire, qui la qualifiait pour la Coupe du monde de football.

Des vitrines avaient été brisées, des magasins avaient été pillés et des voitures incendiées dans le quartier Lemonnier. Et, comble du comble, la police n’avait interpellé personne le soir même.

Des policiers détachés

Elle avait ensuite mis les bouchées doubles, mettant sur pied une task force, dédiée uniquement à l’identification des jeunes ayant pris part à ses violences. Les policiers avaient travaillé sur des milliers d’heures d’images de caméras de surveillance. Elle avait publié les portraits des émeutiers qui avaient alors été dénoncés ou s’étaient rendus d’initiative à la police.

Quatre jours plus tard, dans le quartier de la Bourse toujours et deux semaines plus tard, près du Palais de justice, de nouveaux incidents de rue, rapidement contrôlés et circonscrits, avaient éclaté. L’image de la ville qui était touchée.

Le parquet avait réagi rapidement, comme après les heurts, provoqués par des dockers lors de la méga-manifestation contre la politique gouvernementale du 6 novembre 2014. Il s’agissait de montrer que de telles violences ne pouvaient être tolérées.

Ils étaient huit poursuivis en procédure accélérée. Sept très jeunes adultes devaient répondre pour des faits de destruction, de coups et blessures volontaires contre policiers et/ou de vols.

Certains ne reconnaissaient pas leur participation, affirmant que ce n’étaient pas eux sur les images. D’autres les minimisaient. Deux ont été acquittés au bénéfice du doute. Les cinq autres se sont vus infliger une peine de travail de 220 heures de travail. L’absence d’antécédents judiciaire et leur jeunesse ont joué en leur faveur.

“Demain on va tout cramer à Lemonnier”

Restait Jelali D., 32 ans, le rappeur Benlabel, qui le 10 novembre, avait écrit sur son compte Facebook que “demain on va tout cramer à Lemonnier” si le Maroc gagne.

Il plaidait que c’était une métaphore et qu’aucun des jeunes ne le citait. Le juge l’a acquitté. Et, quelques heures après le jugement, surfant sur sa récente notoriété, il diffusait un clip pour son nouveau titre qui est “Acquitté”.