Belgique

Inséparables copains, ils ont l'habitude de partir en vacances à Pâques. Mais l'année prochaine, ils devront faire une croix sur leur rendez-vous. Ou, à tout le moins, raccourcir de moitié le temps passé ensemble. C'est que, renseignements pris par acquis de conscience, le congé de Pâques 2003 des élèves francophones ne coïncide pas avec celui des néerlandophones. En Flandre, il commence le 7 avril 2003 et se termine le 20 alors qu'en Communauté française, les écoles ferment du 14 au 27 avril. L'un des deux compères ayant inscrit ses enfants dans l'enseignement néerlandophone, les voilà obligés de revoir leur plan. La mort dans l'âme.

Une bonne habitude

L'étonnement des deux pères de famille est d'autant plus grand que les Communautés du pays s'étaient juré d'accorder les agendas scolaires. On se souviendra en effet qu'au début des années 90, une telle situation s'était déjà produite.

De nombreuses personnes s'en étaient émues, notamment les parents d'enfants inscrits dans les deux systèmes scolaires et même les parlementaires fédéraux qui ont l'habitude de calquer leurs congés sur ceux de leurs progénitures. Sans compter, bien sûr, tous ceux qui voyaient dans ce décalage l'énième preuve d'une désunion nationale latente. Face à ces récriminations, les gouvernements communautaires décidaient de se coordonner à l'avenir avant de fixer les congés. Depuis lors, les vacances des petits néerlandophones et des petits francophones ont été calquées sur le même agenda.

C'est donc aujourd'hui la surprise. Pourquoi une (bonne) habitude ancrée depuis plusieurs années est-elle délaissée pour les vacances de Pâques 2003? Faut-il y voir la volonté de l'une des deux Communautés, voire même des deux, de reprendre une pleine souveraineté sur la fixation des congés scolaires? Apparemment pas. D'ailleurs tous les autres congés tombent en même temps. Au moins jusqu'en 2006 et sans doute au-delà.

Calculs d'apothicaires

Il s'agit en fait d'un problème un peu technique. Normalement, les vacances de Pâques commencent le premier lundi d'avril et durent deux semaines. Mais lorsque Pâques tombe après le 15 avril, le début des vacances est reporté au deuxième lundi du mois. Or c'est ce qui se passe en 2003: le jour de Pâque tombe le 20 avril. En choisissant la période allant du 7 au 20 avril, la Flandre applique donc la règle à la lettre.

Mais la Communauté française a décidé de ne pas suivre. Pourquoi? Parce que, le lundi de Pâques tombant le 21 avril, ce ne sont pas deux semaines de congé qui sont attribuées, mais deux semaines et un jour. Et que ce petit jour supplémentaire, s'il devait être accordé, ferait passer l'enseignement francophone sous le seuil légal des 180 jours de cours. La faute en incombe à la fête de la Communauté française qui tombe en pleine année scolaire - le 27 septembre -, contrairement à celle de la Communauté flamande, fixée le 11 juillet.

Il y a donc un jour férié en plus à `digérer´ dans le calendrier scolaire francophone. D'où la décision de décaler d'une semaine les vacances de Pâques pour `englober´ le lundi de Pâques. Mais, promis, c'est exceptionnel.

© La Libre Belgique 2002