Belgique

L'Assemblée nationale française a adopté jeudi une proposition de loi PS sanctionnant la négation du génocide des Arméniens. En Belgique, des propositions ont été déposées en ce sens également. Elles ont agité le landernau politique à la mi-2005. Depuis, une commission interministérielle du droit humanitaire planche sur la question. "Les consultations sont toujours en cours", indique-t-on au cabinet de la ministre de la Justice Laurette Onkelinx.

Dans un communiqué, les sénateurs MR Christine Defraigne et François Roelants du Vivier disent espérer que le débat initié en Belgique va se poursuivre au Parlement. Ils disent également souhaiter que la loi française puisse être examinée au regard de leur proposition de loi.

La Commission instituée à l'initiative de la ministre de la Justice poursuit ses travaux. "Il s'agit de droit comparé entre les Etats membres du Conseil de l'Europe et d'auditions d'associations représentatives mais aussi de pénalistes", rappelle-t-on jeudi au cabinet de la ministre. "Les conclusions pourraient être rendues publiques dans six mois", précise-t-on.

"Sous peine de penser qu'il s'agissait d'une manoeuvre malignement opportune pour botter en touche le débat à quelques mois des échéances communales", le MRAX (Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie) en appelle une nouvelle fois à "la responsabilité politique, pour que les exemples des démocraties qui nous entourent percolent jusqu'en Belgique".

Au MR et chez Ecolo, on a reproché au PS d'avoir éludé le débat sur cette question en vue de ne pas froisser la communauté turque de Bruxelles en vue des élections communales du 8 octobre.

Régulièrement, des candidats d'origine turque présents sur l'ensemble des listes politiques énoncent des discours niant le génocide arménien.