Belgique

Pour Me Henri Laquay, conseil de Mme Isabelle Lebeau, il serait "inhumain" de jeter en prison sa cliente quatorze mois après sa condamnation définitive à sept ans de prison.

Pour d’autres juristes, le fait que la justice belge ait quelque peu tardé à délivrer à l’intéressée son billet d’écrou, autrement dit l’ordre de se présenter à la prison (de Namur en l’occurrence) pour y purger sa peine n’est pas exceptionnel et peut même être considéré comme une "faveur".

Ce n’est pas du tout comme cela que Mme Lebeau et son avocat envisagent les choses. "Ma cliente a été condamnée par la cour d’assises de Namur pour tentative d’assassinat sur la personne de son mari, médecin, en avril 2010, les faits s’étant produits le 27 avril 2007. Elle a introduit un pourvoi (suspensif) en cassation, qui a été rejeté le 22 septembre 2010. Le code d’instruction criminelle stipule que l’invitation à se rendre dans les cinq jours à la prison pour y purger la peine à laquelle on a été condamné doit être délivrée dans les 24 heures suivant la condamnation effective. Je reconnais que, dans la réalité, ce délai est plus généralement de quinze jours voire d’un mois, mais pas de quatorze", nous confiait, mardi, Me Laquay.

"Mme Lebeau a fait huit mois de préventive. Quand elle est sortie de prison, elle pesait encore 42 kilos. Depuis sa condamnation, elle a refait sa vie, retrouvé du travail, loué un appartement, renoué des contacts avec son ex-mari et avec ses enfants. Les psychologues qui la suivent estiment que la mettre en prison maintenant aurait des effets catastrophiques pour son équilibre psychique et sa santé physique. Non, l’Etat ne peut choisir le moment qui lui convient le mieux pour faire exécuter une peine", poursuit-il .

Son billet d’écrou, Mme Lebeau l’a reçu jeudi passé. Elle devait, en théorie, passer les portes de la prison de Namur mardi, à 15 heures au plus tard. Elle ne l’a pas fait.

"Ma cliente a introduit une requête en référé contre l’Etat. Nous demandons que le juge décide de lui éviter la prison en attendant une décision sur le fond", explique Me Laquay.

Lequel a demandé au parquet de Namur d’attendre que l’affaire soit plaidée (c’est prévu vendredi) et qu’une ordonnance soit rendue. Mais le parquet n’a pas voulu suspendre l’exécution du billet d’écrou. Mme Lebeau est donc désormais sous le coup d’une interpellation.