Belgique

C’est la bonne nouvelle de l’année en matière d’emploi des jeunes. En effet, selon une étude réalisée par le Forem, en 2013, le taux d’insertion des jeunes (de moins de 25 ans) à six mois est en légère hausse par rapport à l’année 2012 (53,2 %). "Il y a 53,4 % de jeunes de moins de 25 ans qui trouvent un emploi au maximum six mois après leur sortie de l’enseignement. Cela représente une très légère hausse par rapport à l’année précédente et, surtout, la courbe descendante amorcée depuis six ans semble ainsi marquer un temps d’arrêt" , explique l’auteur de l’étude, Jean-François Marchal, analyste pour le marché de l’emploi et de la formation au Forem. Pour notre interlocuteur, on assiste donc à un signe de reprise qui confirme ceux déjà analysés fin 2013 et début 2014.

Pour expliquer ce taux d’insertion des jeunes qui repart légèrement à la hausse, Jean-François Marchal émet plusieurs hypothèses : "Le travail d’accompagnement individualisé du Forem semble porter ses fruits. D’autre part, on constate que les jeunes, depuis le début de la crise, se forment beaucoup plus qu’avant."

Quel secteur et quelle formation ?

L’autre élément particulièrement intéressant de cette étude concerne le type de formation et les secteurs dans lesquels l’insertion est la meilleure. On constate que les études qui ont le meilleur taux d’insertion sont, dans l’ordre : le bac (72 %), le contrat d’apprentissage (alternance) (66 %) et le master (59 %). En 2013, le recul du taux d’insertion concerne principalement les niveaux d’études moins élevés. "C’est un constat que l’on connaît depuis cinq ans. Si le bac est premier, c’est sans doute parce qu’il propose des stages en entreprise. C’est un premier contact avec le monde du travail" , explique encore Jean-François Marchal. Les filières de formation en alternance ont également un bon taux d’insertion à six mois : "Il est, en fait, plus difficile pour eux de terminer leur formation que de trouver de l’emploi."

Pour les jeunes demandeurs d’emploi issus de l’enseignement secondaire, les options menant à des métiers identifiés comme étant des fonctions critiques obtiennent logiquement de meilleurs scores d’insertion : pharmacie; mécanique, usinage et commandes numériques; électricien industriel; électromécanicien industriel et restaurateur figurent en bonne position sur le graphique. Le brevet en prévention et sécurité (7e année) obtient lui aussi de bons scores d’insertion. La cuisine et la restauration progressent par rapport aux années précédentes. Le "turn-over" de ce métier peut expliquer la demande en personnel qualifié.

Pour l’enseignement de type court, les diplômés en ergothérapie, en biologie médicale, en soins infirmiers, en infirmier accoucheur viennent compléter la liste des options avec les meilleurs résultats. Pour l’enseignement de type long et universitaire, les pharmaciens, les mathématiciens, les ingénieurs civils, les ingénieurs industriels, les diplômés en philologie romane et en sciences biomédicales présentent les meilleurs taux d’insertion à six mois et la plus forte proportion d’insertion de plus de trois mois. Ces options présentaient déjà de bons résultats d’insertion de demandeurs d’emploi en 2012.

Trois questions à Éliane Tillieux (PS)

Eliane Tillieux est ministre wallonne de l’Emploi et de la Formation

Quand on lit cette étude, n’est-ce pas inquiétant pour les universitaires ?

Au contraire, le taux d’insertion à 6 mois des universitaires (59 %) progresse en 2013 et leur insertion est plus durable. On constate aussi que les études axées sur les métiers scientifiques, techniques et technologiques, ou celles suivies de stages professionnels, obtiennent le taux d’insertion le plus élevé.

Les secteurs les plus porteurs sont-ils en phase avec les politiques mises en place via le plan Marshall ?

L’étude montre que l’insertion des jeunes est d’autant plus rapide et durable que les études choisies sont liées aux secteurs de la santé et de l’aide à la personne mais aussi aux métiers technologiques. Or, ces secteurs sont visés par les pôles de compétitivité du plan Marshall.

Le chômage des jeunes recule. Quelle est la raison ?

On ne peut que se réjouir de ce constat. Il est toutefois difficile d’épingler une seule raison. Mais on peut souligner que depuis 2010 le Forem organise une prise en charge du jeune dès son inscription. Ce qui participe indéniablement à cette dynamique positive. Pour le reste, il faut poursuivre l’effort. L’emploi des jeunes est une des priorités du gouvernement. Ainsi, avec la "Garantie jeunes", il s’agit de renforcer cet accompagnement personnalisé en proposant les outils les plus efficaces : la formation en alternance, les stages en entreprise, à l’étranger, le soutien à l’esprit d’entreprise !