Enquête sur le "nuage" de Godinne

Frédéric Chardon Publié le - Mis à jour le

Exclusif
Belgique

L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) va mener une enquête à Godinne (Yvoir), là où deux trains de marchandises se sont percutés le 11 mai dernier. Pour rappel, certains wagons contenaient des substances chimiques toxiques et explosives. Heureusement, les cuves ne se sont pas fendues malgré le choc et le pire a ainsi été évité. Toutefois, un nuage suspect s’était dégagé de l’un des wagons. Ce nuage, constitué apparemment d’émanations d’hydrocarbures, a causé des maux de gorge et des picotements à la population locale. Et de l’inquiétude

Par conséquent, Luc Lallemand, le dirigeant d’Infrabel (la société qui, au sein du groupe SNCB, est chargée de la gestion du réseau ferroviaire), a envoyé une lettre à l’administrateur-délégué de l’Afsca le 25 juin dernier afin de lui demander de mener une enquête à Godinne. La direction de l’Afsca doit encore approuver le principe de cette expertise mais une source interne nous confirme que rien ne devrait s’opposer à cela. Cette demande officielle d’Infrabel a été réalisée à la demande et en concertation avec les représentants des riverains.

Pourquoi agir si tardivement ? L’Afsca et les autres services similaires n’ont pas pris de mesures au sujet de la pollution du site après l’accident car aucun wagon n’avait répandu son contenu dans les lieux immédiats de la collision. Concrètement, un comité d’experts va être constitué afin d’effectuer des prélèvements à Godinne. Pour l’essentiel, il s’agit de s’assurer que les aliments (plantes potagères, etc.) n’ont pas été contaminés par le fameux nuage.

Par ailleurs, le collège d’experts doit d’abord vérifier que les substances dégagées dans l’air présentaient bien une certaine toxicité. Avec la volatilité présumée de ces substances, la tâche risque d’être difficile Donc, l’Afsca n’exclut pas de mener une enquête plus approfondie en consultant notamment les dossiers médicaux des riverains qui marqueraient leur accord. Dans le même but, des prélèvements sanguins sur les animaux et des prélèvements dans les sols sont aussi envisagés.

Du côté d’Infrabel, on confirme avoir demandé cette analyse à l’Afsca au sujet du "nuage toxique". " C’était une demande émanant des riverains , explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. Nous ne nous sommes jamais opposés à une enquête complémentaire permettant de lever leurs inquiétudes. D’ailleurs, dans le courrier adressé à l’Afsca, Infrabel propose de prendre en charge tous les coûts de cette enquête. "

Sur quoi pourrait bien déboucher l’analyse ? Apparemment, les inquiétudes des riverains sont infondées et le nuage d’hydrocarbures n’aurait pas posé de problème.

Interrogé fin mai lors d’un débat à la Chambre, Paul Magnette (PS), ministre fédéral en charge des Entreprises publiques, avait confirmé que les trains accidentés étaient bien composés de plusieurs wagons contenant des produits chimiques inflammables. Le ministre a toutefois assuré "qu’il n’y a pas de vapeurs toxiques qui se sont échappées suite à la collision ", soulignant que les wagons ont été " bien sécurisés " et que " tout a été mis en œuvre pour la sécurité des gens ".

Parmi les wagons accidentés, deux étaient potentiellement dangereux, le plus dangereux étant le wagon contenant du disulfure de carbone.

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