Belgique

A moins de six mois de son entrée en vigueur, le nouveau cours de philosophie et de citoyenneté programmé dans l'ensemble de l'enseignement officiel prend doucement forme. La commission Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a longuement auditionné lundi après-midi les deux présidents des groupes de travail chargés par la ministre de l'Education d'élaborer la liste des compétences que les élèves devront acquérir dans le cadre de ce nouveau cours qui débutera dès septembre 2016 dans tout le primaire, et un an plus tard dans le secondaire.

Si ces référentiels sont encore en phase d'élaboration pour le secondaire, ceux du primaire sont bouclés.

Dix compétences précises réunies dans quatre chapitres ont ainsi été identifiées, lesquelles seront travaillées de la 1re jusqu'à la 6e primaire, et ce tant les écoles de la Fédération (ex-Etat), que celles relevant des provinces et communes.

"C'est enseignement sera construit de manière spiralaire, c'est-à-dire que les élèves reviendront sur leur sujet (année après année), mais en élargissant à chaque fois le champ de travail", a détaillé lundi le président du groupe de travail pour le primaire, Laurent de Briey, devant les députés.

Selon les conclusions de ce groupe d'experts, les élèves de primaire devront ainsi développer tout au long de ce cycle la capacité à construire une pensée autonome et critique, apprendre à se connaître soi-même et s'ouvrir aux autres, intégrer les principes de la démocratie, d'égalité en droit et en dignité pour chacun, ainsi que les processus d'engagement dans la vie sociale et l'espace démocratique.

Conformément à un décret adopté l'année dernière, les élèves de l'enseignement officiel auront à l'avenir tous une heure de philosophie et de citoyenneté, en remplacement d'une des deux heures de morale ou religions dispensées jusqu'à présent.

Les élèves qui, conformément à un arrêt de la Cour Constitutionnelle rendu il y a un an, demanderont à être dispensés de cette seconde heure de morale ou religions pourront suivre une deuxième heure hebdomadaire de philosophie et citoyenneté.

Le référentiel présenté lundi aux députés vaudra pour les deux heures du cours de philosophie et de citoyenneté. Il va à présent être décliné dans un programme de cours commun à tous les réseaux d'enseignement officiel.

Selon le groupe de travail pour le primaire, c'est l'instituteur qui, à moyen et long terme, devrait délivrer ce nouvel enseignement aux élèves vu les liens évidents à tisser avec les autres enseignements.

"L'idée, c'est aussi d'éviter, surtout dans les petites écoles rurales, que ce soit une même et seule personne qui délivre ce cours tout au long des six années de primaire", justifie Laurent de Briey.

Vu l'ambition pédagogique du nouveau cours, la réforme nécessitera un gros effort en termes de formation des instituteurs.

"C'est un énorme défi", reconnaît M. de Briey. "On en est bien conscient".

A court terme, les instituteurs déjà en place seront ainsi appelés à suivre des formations continuées sur la nouvelle matière à enseigner. Et le programme de formation dans les écoles normales devra lui aussi être adapté pour que les futurs instituteurs puissent enseigner efficacement la nouvelle matière.

Pour le secondaire, le travail d'élaboration du référentiel se poursuivra jusqu'à la mi-juin, en veillant bien à ne pas toucher des compétences et savoirs déjà abordés dans d'autres cours, comme celui d'histoire notamment, a expliqué de son côté la présidente du groupe de travail pour le secondaire, Laurence Bouquiaux.

"L'objectif", a-t-elle résumé, "ne sera pas d'apprendre la philosophie aux jeunes, mais de leur apprendre à philosopher...".