Belgique

Les ministres de l'Enseignement en Communauté française et les syndicats de l'enseignement ont convenu jeudi de la nécessité de prévoir un régime transitoire pour les préretraites ainsi que d'un geste en matière de revalorisation salariale, dans le carcan étroit des finances communautaires.

Les syndicats de l'enseignement retrouvaient une nouvelle fois jeudi les cabinets des ministres Marie-Dominique Simonet (Enseignement obligatoire) et Jean-Claude Marcourt (Enseignement supérieur) pour négocier l'accord sectoriel 2011-2012. Les rencontres se sont prolongées toute la journée.

Sur le dossier sensible des DPPR (préretraites à 55 ans, que le gouvernement veut relever à 58 ans tout en gardant un régime partiel dès 55 ans), les syndicats jugeaient trop brutale l'échéance du système actuel au 31 décembre 2011, eu égard aux enseignants qui se trouveraient légèrement sous la limite d'âge.

Les deux parties travaillent sur l'idée d'un régime transitoire, afin également d'éviter un départ massif d'enseignants qui craindraient de ne plus entrer dans les conditions après cette date. Les modalités doivent encore être négociées. Il s'agirait d'un second régime transitoire, puisqu'un "phasing out" est déjà acquis pour les enseignants de 55 ans au 31 décembre afin qu'ils puissent prendre le DPPR même lorsqu'ils auront 56 ou 57 ans. Mais les syndicats s'inquiètent de ceux qui n'auraient que 54 ans à cette date et réclament un effort.

Du côté du gouvernement, on fait remarquer qu'un assouplissement supplémentaire du DPPR signifierait d'autant moins de marge de manoeuvre ailleurs. Ailleurs, c'est notamment du côté des revendications salariales. Le gouvernement de la Communauté française, réuni en comité restreint jeudi matin, n'est pas parvenu à s'accorder sur le montant d'une telle revalorisation dans le cadre de l'enveloppe de 10 millions d'euros disponibles (7,5 millions côté Simonet, 2,5 côté Marcourt).

Les syndicats évoquent une augmentation "transversale", tout en se disant conscients du carcan budgétaire. Du côté du gouvernement, on convient "qu'il faut une avancée" dans ce domaine.

Effort sur les bas salaires (les moins de 13.750 euros bruts par an, soit un millier d'enseignants, selon la CGSP), engagement définitif de puéricultrices sous statut précaire dans le maternel, relèvement du salaire des directeurs du primaire, restent les pistes envisagées. "Mais avec cela, on a déjà mangé toute l'enveloppe disponible", constate Pascal Chardome (CGSP).

L'arrêt de travail du 15 mars, décidé en front commun syndical afin d'informer les enseignants et mettre la pression sur le gouvernement, est maintenu. C'est à cette date aussi que se retrouveront à nouveau les deux parties, de même que le 16 mars.