Belgique

Le président de la Belgique, comment s’appelle-t-il ? " Euh A cette question, Catherine Leroy est perplexe mais finalement, elle est là pour ça : faire découvrir la langue française, la culture et la littérature belges. Depuis plusieurs mois à Ljubljana, cette jeune professeure de français est partie grâce au soutien de Wallonie Bruxelles International (WBI). Officiellement nommée "lectrice", elle est en réalité titulaire de cours à l’université de la capitale slovène et découvre au jour le jour les différences qui séparent ces deux cultures. "Sur l’une de mes classes de 20 élèves, pas un seul ne savait qu’il y a un Roi en Belgique".

Chaque année, ils sont une quarantaine de "lecteurs" à diffuser la culture belge au-delà de nos frontières. "Ces séjours sont mis en place depuis plus de vingt ans. Au départ, ces professeurs étaient envoyés essentiellement en Espagne, en Italie et au Portugal", explique Anne-Marie Geens, responsable des bourses d’études au WBI.

Aujourd’hui, ils divulguent leurs savoirs essentiellement en Europe centrale et orientale, même si les missions s’internationalisent vers la Chine, le Brésil ou le Chili. Et puis, à côté de ces lecteurs, certains optent aussi pour un poste de "formateur". Ce n’est alors pas à l’université qu’ils donnent cours mais dans des lycées bilingues.

Leurs formations de base ? Ce sont essentiellement des diplômés de langues et littératures françaises et romanes ou encore des traducteurs.

Catherine Leroy, elle, est romaniste. Après trois années de recherche à l’UCL couplées à des expériences professorales dans l’enseignement secondaire, elle s’est lancée dans la grande aventure. "J’avais toujours eu envie de partir à l’étranger. Je me suis dit que c’était le moment où jamais, le moment de m’octroyer une année à moi avant de passer un cap, celui de construire une famille et d’avoir une vie plus stable", explique-t-elle. Pourquoi ne pas avoir pris le départ directement après ses études ? "Je ne me sentais pas les épaules, j’avais besoin d’intégrer davantage les compétences acquises durant mes études", souligne-t-elle.

D’ailleurs, il n’y a pas d’âge pour faire partie des programmes du WBI. "La seule limite est l’âge de la pension. Aujourd’hui, la majorité de nos lecteurs ou formateurs ont la trentaine et ont donc déjà acquis une expérience relative d’enseignement", ajoute Anne-Marie Geens.

En contrat à durée déterminé durant un an, libre à eux de renouveler leur mandat pour cinq autres années. "Leur salaire émane de la Belgique, ainsi que leur prime d’expatriation calculée pour que tous soient logés à la même enseigne salariale", continue la responsable WBI. "L’université slovène qui m’accueille est extrêmement reconnaissante d’avoir un natif en guise professeur de français. Cela accroît leur qualité d’enseignement", précise Catherine Leroy.

Avantages réciproques

Mais les avantages sont réciproques. "M’intégrer en Slovénie m’a fait découvrir des réalités qui m’étaient inconnues, comme les séquelles du régime communiste qu’a vécu le pays qui m’accueille. Et puis, séjourner à l’étranger m’a permis d’avoir une démarche réflexive sur ma propre culture belge et wallonne et d’en découvrir sa richesse", poursuit-elle.

Avec certains de ses étudiants, Catherine Leroy monte une pièce de théâtre en français, "Sortie de l’acteur" de Michel de Ghelderode. "C’est un véritable challenge de diriger une pièce avec des non-francophones mais ça me permet d’aborder avec eux de beaux pans culturels de notre pays : les masques de James Ensor ou le théâtre de marionnettes Toone par exemple", détaille-t-elle.

Pour obtenir ce poste, cette Romaniste a dû passer plusieurs épreuves de sélection dont un entretien avec un jury composé de spécialistes en littérature, en français langue étrangère ou encore d’inspecteurs de l’enseignement secondaire.

Aujourd’hui forte de cette expérience, Catherine Leroy hésite encore à la poursuivre mais elle est bel et bien tentée de continuer à faire découvrir le français et la belgitude à d’autres cultures, que ce soit en Belgique ou ailleurs.