Belgique

Un complexe sportif assez classieux aux portes de Louvain, c'était l'endroit choisi par le cartel CD&V/N-VA pour son congrès électoral samedi, "un lieu idéal pour un cartel en top condition physique" , selon le député Carl Devlies, régional de l'étape à qui revenait l'honneur d'ouvrir les festivités.

La N-VA semblait un peu faire profil bas ce jour, à moins que ce ne fût qu'une simple question de puissance logistique. En fait de cartel, dans la grande salle et les couloirs qui y menaient, c'était plutôt le grand salon du CD&V : stands régionaux débordant d'affiches et de tracts, jeunes en sweat-shirt orange courant dans tous les sens et calicots. Quant au programme, il a fait l'objet de quatre journées d'étude thématiques - CD&V - ces deux derniers mois, et le nom de la N-VA n'apparaît que dans le volet communautaire, le seul, il est vrai, sur lequel personne n'admettrait le moindre flou.

Prêts à revenir

Sous le titre "Ensemble, ça marche" ("Samen werkt"), il en ressort une charge contre "huit années de Verhofstadt" qui, à l'exception de la politique budgétaire, vise surtout des ministères gérés par des francophones : la Justice, les Finances, et la Défense.

Pour la Justice, le CD&V veut un plan d'urgence : un milliard d'euros pour construire 1 500 cellules de prison supplémentaires en deux ans, engager des assistants de justice mais aussi des "inspecteurs de quartier" et des "magistrats de zone" (de police) pour combattre la petite criminalité.

Mais la priorité des priorités, pour les chrétiens-démocrates flamands reste la famille. Le CD&V propose 20 semaines de congé de maternité, 2 semaines de paternité, et encore un an de "congé parental" en tout pour les deux parents, "à prendre entre la naissance et la majorité de leur enfant". Le parti part en outre en guerre contre ceux qui remettent en question le repos dominical.

L'environnement est présent aussi mais du bout des lèvres. Cela donne "Le CD&V veut rendre plus vert de manière intelligente, réaliste et abordable." Il propose une grande opération en 2010 pour favoriser le remplacement des anciennes voitures par de nouvelles moins polluantes.

Reste alors le volet qui intéressera le plus les francophones : la réforme de l'Etat. Pour le cartel, emploi, soins de santé, familles, politique scientifique, mobilité et telecoms doivent aller aux Régions. Le parti parle de "fédéralisme responsable", mais "en maintenant la solidarité avec les francophones". Quant à Bruxelles, elle doit recevoir un "statut adapté", avec des Flamands "impliqués à tous les niveaux de pouvoir"...

Vient alors le temps des discours, et la N-VA est bien là : c'est son président, Bart De Wever, qui ouvre le feu. Sarcastique comme toujours, il termine en offrant un petit cactus à Yves Leterme. Le mot de la fin à celui-ci (après le président du CD&V, Jo Vandeurzen) pour un discours étonnamment circonspect, comme si le ministre-Président flamand se projetait déjà après le 10 juin et mesurait l'ampleur de la tâche qui l'attend. Mais le message est clair : après huit ans de Verhofstadt, et un long et difficile travail de rénovation, le CD&V, qui aligne quatre anciens premiers ministres au premier rang, "est prêt à refermer l'album photos de la coalition violette". Et la salle de terminer debout en entonnant le Vlaamse Leeuw mais, même si le thème du jour est "Ensemble", on ne s'attendait pas à Pierre Rapsat...