Belgique

Adrien Fache, un grand résistant

Evocation. De l’avis de l’historien du Ceges Fabrice Maerten, c’était un des derniers acteurs majeurs du renseignement et même, de manière plus générale, de la résistance en Belgique occupée. Adrien Fache, qui vient de mourir à l’âge de 92 ans, était originaire de Mouscron. Appelé sous les drapeaux au printemps 1939, il fit son service à la 3e compagnie école des Chasseurs à pied à Tournai. Il se retrouva ainsi immergé d’emblée dans la Seconde Guerre. Sa compagnie connut des bombardements qui tuèrent plusieurs de ses compagnons. Lui-même se retrouva dans un camp de transit de prisonniers en Hollande. Sa carte d’identité bilingue le fit considérer comme flamand par le militaire belge chargé du tri des prisonniers et démobilisé. Retourné à la vie civile, il entra très vite dans la Résistance. Il connut une première fois les geôles pour avoir participé à une manifestation patriotique le 21 juillet 1941 à Mouscron. Sorti de prison fin octobre, il contacta la presse clandestine ("Le Patriote mouscronnois", où il retrouva l’abbé De Neckere) et rejoignit les services de renseignements. Adrien Fache participa au développement des services de renseignements BB et Zig (nébuleuse des frères Jooris) dans les Flandres et le nord de la France. Vers la fin 1943, il devint le bras droit de Christian Jooris, le chef du petit service Zig, très actif dans les Flandres et en particulier dans la région côtière. Après avoir échappé au travail obligatoire, il fut arrêté une seconde fois le 29 mars 1944 pour avoir aidé un aviateur américain. Incarcéré à Gand, il fut condamné à mort le 3 juin 1944 par le tribunal de campagne de Bruges. Il alla de prison en prison, de St-Gilles à Bayreuth-Amberg où il fut libéré le 13 mai 1945. Après la guerre, il écrivit un livre sur les espions belges et resta jusqu’à la fin un visiteur assidu des milieux d’anciens de l’action et du renseignement. Ses funérailles ont lieu ce vendredi 22 à 11h en l’église St Augustin à Forest. C. Le