Belgique

Ce sont des faits d’une extrême violence qui seront jugés, à partir de lundi, devant la cour d’assises du Hainaut. Les quatre accusés sont très jeunes : deux étaient mineurs au moment des faits. Deux autres adolescents - Anthony M. et Aubain B. - ont échappé à la cour d’assises car les juridictions de la jeunesse ne se sont pas dessaisi de leur dossier.

Le plus jeune des accusés avait à peine 16 ans, lors de l’agression la plus grave. Elle avait coûté la vie à Pascal Hennuy, 35 ans, tué par balle en pleine nuit, le 5 novembre 2007, dans l’appartement situé au-dessus de la boulangerie qu’il exploitait à Jamioulx.

Pascal Hennuy et son épouse avaient un apprenti, Anthony M., payé pour les aider le week-end. Tout semblait bien se passer entre eux : le couple faisait même du karting avec leur apprenti. Mais ce dernier s’estimait exploité. Il en a parlé à un autre adolescent, Aubain B. et lui a proposé de commettre un cambriolage chez le boulanger, très connu dans la région. Il lui a donné des informations sur le système d’alarme, la présence de coffres, les habitudes du couple, la présence de chiens et la disposition des lieux.

Il est 2h30 lorsqu’Aubain B. et trois des accusés, Dorian Cherpion, Abdelah Mostefa et Frédérick Echazar, âgé d’alors 16 ans, fracturent la porte d’entrée. Ils ont quatre armes. Le chien beauceron du couple est abattu de plusieurs coups tirés avec une 22 LR. Le couple se réveille et est menacé d’une arme. Mme Hennuy doit se coucher sur le sol. Son mari est menacé. Le chien, qui n’est pas mort, est toujours aux abois. Pascal Hennuy profite de la confusion pour s’emparer d’un couteau sur un plan de travail. Il le lance en direction de deux de ses agresseurs. L’un est blessé au pied. Un troisième tire sur M. Hennuy qui s’écroule. Les agresseurs s’enfuient. Les secours, appelés par l’épouse, ne pourront que constater le décès du boulanger.

L’enquête sera rondement menée. Les policiers font le rapprochement avec deux agressions commises récemment dans la région, au cours desquelles des coups de feu ont été tirés pour forcer l’entrée d’une maison ou pour tuer un chien de garde. La première à Virelles où une femme sera menacée, frappée pour révéler le code - qu’elle ne connaît pas - d’un coffre et enfin ligotée. La victime en garde une incapacité psychique permanente.

La seconde à Les Bons Villers ou une femme et son fils seront réveillés par cinq hommes cagoulés. Copieusement battus, menacés d’une balle dans le genou s’ils ne révèlent pas où se trouve le coffre, les deux victimes seront également ligotées. Les agresseurs prendront la fuite avec un important butin.

Aubain B. sera le premier à être identifié grâce à la voiture qu’il utilise, bien qu’il soit mineur. Il reconnaîtra l’attaque mortelle de Jamioulx. Les quatre accusés se rendront dans les jours qui suivent. Dorian Cherpion (alors âgé de 23 ans), Abdelah Mostefa (19 ans) et Frédérick Echazar (16 ans) sont également en aveux et désignent Aubain B. comme l’auteur du tir qui a été fatal à Pascal Hennuy. Tahar Zouad (17 ans) reconnaît sa participation aux agressions de Virelles et de Les Bons Villers.

L’enquête montrera qu’Echazar et Mostefa ont également commis un hold-up, en juillet, dans une supérette de Lodelinsart. Le second fera feu, sans l’atteindre, en direction du gérant qui avait tiré un coup de feu d’avertissement vers le plafond.

Les quatre accusés ont connu un parcours scolaire difficile, émaillé pour trois d’entre eux de renvois pour faits de violences. Ils étaient connus des autorités policières et judiciaires. Les deux plus âgés avaient déjà été condamnés en correctionnelle. Les deux plus jeunes avaient été impliqués dans des agressions. Le juge de la jeunesse s’est dessaisi de leur dossier, si bien qu’ils seront jugés en assises.

Ce ne sera pas le cas d’Aubain B. et d’Anthony M. qui seront entendus comme témoins. Aubain B. a défrayé la chronique, ces derniers mois. Après le meurtre de Jamioulx, il avait été placé en IPPJ, mais il fuguera à plusieurs reprises. Lors d’une de ses cavales, Aubin, devenu majeur, a commis un vol avec violence à Monceau-sur-Sambre. Il fut condamné pour ce vol à deux ans ferme et emprisonné à Jamioulx. Pendant l’été 2009, la direction de la prison décidait de le libérer afin qu’il puisse purger sa peine chez lui, au moyen d’un bracelet électronique. Bracelet qu’Aubin B. ne recevra jamais. Il restera trois mois en liberté avant qu’on décide de lui faire réintégrer la prison, sa demande de bracelet électronique ayant été finalement refusée. En décembre 2009, à la prison d’Andenne, il est blessé à l’arme blanche. Finalement, en février 2010, il réintégrera une IPPJ.

Le procès est prévu pour deux semaines.