Belgique

La commission d'enquête parlementaire sur les sectes avait non seulement dit de la scientologie qu'elle est «nuisible et dangereuse», mais également qu'elle tente de s'introduire dans les rouages du pouvoir, qu'il soit politique ou économique. L'Allemagne et la France, dans des contextes différents, n'ont rien dit d'autre. Les observateurs ont d'ailleurs noté que la scientologie agissait volontiers comme un service de renseignement, fichant même des personnes lui étant étrangères.

«La Libre» avait appris, à la suite des perquisitions effectuées en 1999 dans les locaux belges de la scientologie, que la liste des adeptes comportait des noms troublants. Ceux de plusieurs élus politiques connus au plan fédéral. Celui d'un journaliste au moins. Ceux de plusieurs membres de l'ex-gendarmerie. Bien sûr, ces informations - obtenues à sources fiables - n'ont jamais été confirmées au plan judiciaire, car le secret de l'instruction l'empêche. Mais, tôt ou tard, si la chambre du conseil estime qu'un procès est nécessaire, le dossier deviendra public.

A ce moment, peut-être, ces noms apparaîtront-ils. Sans tomber dans une chasse aux sorcières, il faudra bien alors que divers milieux, notamment proches du pouvoir, prennent attitude. La démocratie admettra-t-elle, le cas échéant, l'évidence que certains de ses rouages soient les adeptes d'un groupe qu'elle a elle-même qualifié de nuisible?

© La Libre Belgique 2003