Belgique

Sans surprise, le gouvernement violet a reçu mercredi soir la confiance de la Chambre par 96 oui (la majorité VLD, MR, PS et SP.A-Spirit) contre 49 non (l'opposition CD&V, CDH, Ecolo, N-VA, FN et Vlaams Blok). Au total, 41 députés sont intervenus lors du débat mardi et mercredi. Dans sa réplique, juste avant le vote, le Premier ministre VLD, fidèle à lui-même, a répété sa volonté de «mener une politique positive et stimulante pour éviter la spirale de l'inflation» ; il ne faut pas se laisser emporter par le pessimisme en cette période économique difficile.

Guy Verhofstadt avait commencé par regretter «une seule intervention, indigne du Parlement», celle du député Vlaams Blok Gerolf Annemans, «qui s'est attaqué aux francophones et aux allochtones». «Je voudrais qu'on cesse de donner une telle image du Parlement belge», a asséné le Premier ministre, chaudement applaudi sur tous les bancs démocratiques.

Sur le fond, il dit avoir entendu les mises en garde. «Evidemment que l'objectif de 200000 emplois est ambitieux, mais c'est la meilleure manière de nous forcer à prendre des mesures. Je sais bien que c'est dangereux d'annoncer cela: on pourra me demander des comptes dans 4 ans. Mais moi, j'agis dans l'intérêt du pays».

Le chef du gouvernement a insisté sur les 4,2 milliards d'euros qui seront, au total, injectés dans la politique économique et sociale. «On ne peut pas me dire que c'est trop peu et réclamer à la fois que je réalise un surplus budgétaire. C'est contradictoire!».

S'agissant des indépendants, la Commission européenne a décidé mercredi de permettre des taux réduits de TVA notamment dans l'Horeca. «C'est beaucoup plus important que de permettre la déductibilité des frais de restaurant. Cela favorisera toutes les entreprises du secteur, du restaurant le plus huppé au café le plus populaire», a dit Guy Verhofstadt à l'adresse de Richard Fournaux (CDH).

Deux renoncements

A propos du communautaire, le gouvernement part dans le même climat qu'en 1999, «positif, rationnel, sans provocations». A en croire le Premier ministre, le fameux «forum» doit servir à trouver des solutions aux problèmes concrets des gens. «Il faut laisser tomber les tabous, des deux côtés».

Dans sa réplique, Pieter De Crem, chef de groupe CD&V, a raillé l'attitude positive du Premier ministre. «Pourquoi ne pas imposer une nouvelle taxe sur l'attitude négative et pessimiste? Vous pourriez la verser dans un fonds pour l'optimisme encore à créer pour combler le déficit budgétaire».

Du côté du CDH, on ne laisse pas aux violets le bénéfice du doute: «Nous sommes comme Saint-Thomas. Ce qu'on a entendu ne nous rassure pas», dixit le chef de groupe, Raymond Langendries. Ecolo, qui n'accordera pas davantage la confiance à ses ex-partenaires, regrette que le départ de l'équipe violette soit marqué par deux renoncements: la disparition de la compétence universelle et le report du Fonds des créances alimentaires.

© La Libre Belgique 2003