Belgique

Comprendre la gouvernance pour apprendre à gouverner" En ces temps de blocage politique persistant en Belgique, la devise de la Conférence Olivaint pourrait être méditée par les partis qui hésitent à se lancer à fond dans des négociations. D’autant plus que la problématique du (vrai) dialogue à (re) nouer entre les membres de nos communautés figure en bonne place parmi les objectifs de ce centre indépendant de formation à la "gouvernance" destiné depuis le milieu des années 1950 aux étudiants inscrits au sein des universités et hautes écoles belges. En effet, la Conférence Olivaint forme des jeunes de toutes nos communautés à l’exercice de futures responsabilités professionnelles par l’apprentissage et la maîtrise de la prise de parole argumentée dans nos différentes langues nationales et par une initiation à la formulation écrite de ses idées qui navigue entre le journalisme et la rédaction de "papers" scientifiques. Mais tout cela sur fond d’un véritable engagement citoyen qui ne gomme pas les identités régionales. Née à la fin du XIXe siècle en France à l’initiative d’un jésuite français, le P.Pierre Olivaint, sj, la Conférence Olivaint, dont la section belge a été lancée en 1954, est devenue depuis lors résolument pluraliste, fondée sur des valeurs de pluralisme, de pluridisciplinarité et de plurilinguisme.

Faut-il préciser que ce sont là toutes des valeurs qui ont fait le succès de la Belgique ?

Vendredi soir, la Conférence Olivaint, qui est présidée par le colonel Jean Marsia (qui a succédé à Me Jean-Jacques Masquelin), a montré son utilité voire sa nécessité lors d’une rencontre avec ses anciens à la Fondation Boghossian à la Villa Empain, superbement restaurée, en face de l’ULB, avenue Roosevelt.

A côté de ses rencontres-débats régulières et de son concours d’éloquence qui se focalisent sur les atouts de la Belgique, la Conférence organise aussi des voyages d’études où les membres sont invités à découvrir d’autres cultures, d’autres civilisations.

L’été dernier, les étudiants se sont rendus en Arménie et dans le Haut-Karabagh avec l’ancien recteur de l’UCL, Bernard Coulie et le Pr Bernard Snoy, tous deux experts très avisés sur l’histoire et le présent de cette région encore en mutation permanente. "Boostés" par ces guides hors pair, les étudiants en ont ramené moult souvenirs mais surtout de passionnantes analyses sur les diverses facettes d’une région -le Caucase - appelée à jouer un rôle essentiel dans un futur rapproché sur le plan géostratégique. Des travaux brillants - comme n’a pas manqué de souligner le bâtonnier Jakhian- qui sont les fruits d’une approche décomplexée des réalités socio-politiques. Bien que la soirée fut focalisée sur les réalités arméniennes, il a en fait été beaucoup question de la Belgique, vendredi soir en "on" et en "off" avec les diplomates et autres décideurs qui en ont fait partie un jour.

Pas étonnant quand on sait que parmi ses anciens, Olivaint compta entre autres un certain Jean-Luc Dehaene