Belgique

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open Vld), a exprimé son mécontentement envers l'examen d'entrée en médecine organisé cette année en Fédération Wallonie-Bruxelles. Près de 1.200 candidats ont réussi l'épreuve, alors qu'il n'y aura que la moitié d'attestations Inami disponibles au terme de leurs six années de formation.

Pour Maggie De Block, le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt prend "une énorme responsabilité" en laissant autant de jeunes entamer ce cursus alors que beaucoup ne pourront exercer le métier. "Ce n'est pas correct", a jugé mercredi matin la ministre, interrogée sur les ondes de la VRT-radio.

Organisé depuis deux ans, l'examen d'entrée en médecine et dentisterie vise à limiter l'accès d'étudiants dans la filière médicale, une exigence forte de la ministre fédérale en début de législature qui menaçait de ne plus délivrer de numéros Inami aux nouveaux médecins francophones sans "filtre efficace" à l'entame des études en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Mais à la lumière des derniers résultats de l'épreuve, la ministre fédérale estime que les francophones ont mis la barre bien trop bas.

"Laisser des gens entamer des études tout en sachant que près de la moitié d'entre eux sont de trop, ce n'est pas correct", fustige la ministre, qui rappelle qu'il s'agit là d'études longues et difficiles, et coûteuses à financer.

Le ministre de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles a fermement rejeté mercredi les critiques de la ministre fédérale de la Santé. "Je suis stupéfait par la nouvelle expression de la mauvaise foi de Madame De Block dans ce dossier", a réagi Jean-Claude Marcourt, interrogé par Belga.

"Je rappelle que c'est le fédéral qui a exigé que le concours que nous avions instauré (à l'issue de la première année d'études de médecine) soit transformé en examen d'entrée", rappelle le ministre.

Et si l'on est là aujourd'hui, selon lui, c'est à cause de l'incurie du fédéral qui, comme l'a pointé le Conseil d'Etat il y a deux ans, s'est révélé incapable dans un premier temps de justifier le volume de quotas attribués aux médecins francophones, et qui l'année suivant n'a pas respecté les délais légaux pour le faire.

"Tout cela, c'est donc parce que le fédéral n'a pas respecté les propres règles du fédéral! ", martèle M. Marcourt, selon qui "seul le concours que nous avions mis en place permettait d'arriver à un nombre fixe de candidats médecins".

Quant aux résultats de l'épreuve réussies par 1.138 candidats au total cette année (pour un peu moins de 600 attestations disponibles dans 6 ans, ndlr), M. Marcourt y voit la preuve que cet examen d'entrée n'est pas un concours d'entrée déguisé, comme l'affirment d'aucuns. "On ne manipule donc pas les chiffres".

Le ministre tient d'ailleurs à saluer le travail de qualité réalisé par le jury qui élabore les questionnaires, lequel travaille en pleine indépendance, souligne-t-il. "Il ne manquerait plus que cela que je lui donne des injonctions...".

Pour M. Marcourt, le vrai problème auquel la ministre De Block devrait plutôt s'intéresser est la pénurie de médecins constatée en Wallonie et à Bruxelles.

"Elle ne tient vraiment pas compte des besoins médicaux de terrain. Je l'invite vraiment à s'inspirer de l'exemple français...", a conclu le ministre, en référence à la récente décision de Paris d'abroger le contingentement de praticiens dans l'Hexagone.