Belgique

Le ministre de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt (PS), a pointé mardi la responsabilité de l'Etat fédéral après l'arrêt du Conseil d'Etat autorisant 7 reçus-collés du 1er bachelier de médecine à s'inscrire provisoirement en bac 2.

"En omettant de déposer un arrêté royal qui fixe le contingentement (pour 2022, ndlr), le gouvernement MR-NVA provoque à nouveau une faille juridique au détriment de nos étudiants qui replongent dans l'incertitude", a réagi mardi le ministre dans un communiqué.

Celui-ci dit en conséquence demander aux universités concernées d'inscrire les étudiants qui ont lancé ce recours, et ce à titre provisoire dans l'attente de l'arrêt de la Cour Constitutionnelle relative aux questions préjudicielles posées à ce sujet par le Conseil d'Etat.

Dans son communiqué, M. Marcourt dit également relever le fait que l'arrêt marque le rejet de l'ensemble des recours quant à la légalité de l'examen d'entrée aux études de médecine et dentisterie. "L'examen d'entrée n'est en effet pas remis en cause", se félicite-t-il dans son communiqué.

Durant l'été 2016, le Conseil d'Etat avait donné raison à plusieurs centaines de reçus-collés qui contestaient la validité de la première édition du concours organisé en fin de 1er bachelier.

Et à l'époque déjà, le Conseil d'Etat avait pointé le manquement du fédéral dans la justification du contingent de médecins pour 2021.


Le CIUM appelle Marcourt à laisser passer tous les reçus-collés

Le comité inter-universitaire des étudiants en médecine (CIUM) presse le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt de laisser passer tous les reçus-collés après la décision rendue par le Conseil d'Etat.

"Il ne faut pas discriminer le reste des étudiants (reçus-collés) simplement parce qu'ils n'ont pas introduit un recours, ou qui ne pouvaient pas se le permettre financièrement", plaide le CIUM dans un communiqué.

"Il s'agit d'étudiants ayant fait leurs épreuves puisqu'ils ont réussi leur première année de médecine", ajoute l'organisation estudiantine.

Pour elle, il serait contreproductif de priver la communauté française "d'une dernière grosse cohorte de médecins avant l'aggravation de la pénurie" de praticiens annoncée par d'aucuns pour les années à venir.


Le CDH, à l'instar d'Ecolo, demande à Marcourt de laisser passer l'ensemble des reçus-collés

Après le comité inter-universitaire des étudiants en médecine, le cdH -toujours en majorité en Fédération Wallonie-Bruxelles- demande lui aussi au ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS) de laisser passer tous les étudiants reçus-collés en 2e bachelier de médecine. "Il ne peut y avoir de deux poids deux mesures, et donc nous demandons d'étendre cette décision à tous les autres étudiants reçus-collés qui sont dans la même situation, même s'ils n'ont pas introduit de recours",a indiqué le cdH par la voix de la députée fédérale Catherine Fonck. Pour le parti centriste, il est impératif que ces reçus-collés, une fois autorisés à poursuivre en 2e bachelier, obtiennent un numéro Inami à l'issue de leurs six années d'études.

Ecolo se positionne pareillement. La semaine dernière, les Verts avaient déjà introduit un amendement en séance plénière afin de faire passer l'ensemble de ces étudiants, dont les études ont été stoppées, en deuxième année. "Malheureusement, l'amendement a été rejeté", indique Philippe Henry (Ecolo). "Marcourt dit que c'est la faute du fédéral mais il avait entre ses mains une possibilité très simple afin de donner une seconde chance à ces étudiants reçus-collés. Ces derniers ont d'ailleurs déjà prouvé qu'ils avaient des capacités en réussissant leur première année de médecine", conclut Philippe Henry.


La FEF demande l'autorisation d'inscription pour tous les reçus-collés

La fédération des étudiants francophones (FEF) demande elle aussi que tous les étudiants reçus-collés de médecine soient autorisés à s'inscrire en 2e bachelier après l'arrêt rendu mardi par le Conseil d'Etat.

Pour la FEF, le constat de manquement posé par le Conseil d'Etat envers le Fédéral est la preuve de ce qu'elle dénonce depuis de longs mois, à savoir le fait que "la ministre Maggie De Block n'a pas rempli ses obligations en la matière".

Aux yeux de l'organisation estudiantine, ce nouvel épisode démontre "à quel point les mécanismes de filtres mis en place au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles -sur injonction du fédéral- mettent les étudiants, et plus largement notre système de soins de santé, à mal".

"Tant les étudiants en cours de cursus que les patients de demain sont, aujourd'hui, les victimes de politiques irresponsables", estime la FEF dans un communiqué.

Les deux autres organisations étudiants actives sur ce dossier, l'Unecof et le CIUM, ont elles aussi appelé le ministre de l'Enseignement supérieur à permettre à l'ensemble des reçus-collés de s'inscrire en 2e bachelier de médecine.