Belgique

Ce mardi matin, des étudiants en soins infirmiers se sont réunis devant la Haute Ecole Léonard de Vinci, sur le site de Woluwe-Saint-Lambert et celui de Louvain-la-Neuve. Ils ont manifesté leur mécontentement face à un décret datant de juin 2016 qui modifie les conditions d’obtention du diplôme en soins infirmiers pour se conformer avec les exigences européennes. Celui-ci oblige des étudiants qui ont raté des cours qu’ils ont déjà passés deux fois à allonger leur cursus d’une année. Le bachelier en soins infirmiers passe alors de trois à quatre ans, pour leur permettre d’avoir un nombre de crédits suffisant.

Cette année supplémentaire à passer sur les bancs de l’école est une catastrophe pour certains étudiants qui n’avaient pas du tout prévu le coup. C’est le cas de Samira, étudiante en troisième année de soins infirmiers. “Je suis Française. Avant de venir faire mes études en Belgique, j’avais tout préparé pour subvenir à mes besoins pendant trois ans”, explique cette Parisienne de 23 ans. “Je n’ai pas les moyens financiers pour rester une année de plus. Nous n’avons été prévenus que lundi. Jamais auparavant nous avons reçu la moindre information à ce sujet. Je suis dégoûtée et en colère.”

Pour Coralie Sampaolini, secrétaire générale de la FEF (Fédération des Etudiants Francophones), un retour à l’ancien système est toujours possible. « Les étudiants sont à la fois anéantis et à la fois révoltés » explique-t-elle. « Le Parlement peut encore voter une modification du décret qui a été mis en place et ainsi supprimer cette disposition catastrophique à plus d’un titre pour les étudiants. »

Du côté du Ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt, on regrette la mauvaise communication de l’application de ce décret auprès des étudiants. “Certaines hautes écoles ont peu anticipé les dispositions transitoires et ont, dans certains cas, diffusé des informations erronées à leurs étudiants”, reconnaît Jean-Claude Marcourt. “Il n’est pas tolérable que les étudiants dans le cursus soins infirmiers soient pénalisés.” Le Ministre a d’ores et déjà demandé aux hautes écoles concernées que des solutions concrètes soient proposées afin de régler le problème.