Belgique

Plusieurs dizaines de milliers de militants syndicaux ont convergé jeudi vers la rue de la Loi, en marge d'un Sommet européen organisé à Bruxelles. Les manifestants, mobilisés à l'initiative de la Confédération européenne des syndicats (CES), plaidaient pour une Europe plus solidaire. Quelques échauffourées ont éclaté en fin de manifestation entre forces de l'ordre et militants syndicaux. La FGTB/ABVV avait choisi de faire partir ses militants de quatre endroits à Bruxelles: le boulevard Emile Jacqmain, la gare du Midi, le square Montgomery et la place Meiser.

"Des décisions européennes sont en passe d'attaquer le statut des travailleurs et notamment le volet financier. C'est donc maintenant, avant que la loi passe, qu'il faut se mobiliser", explique, en tête de cortège, Christian Bentein, président CGSP-AMiO de la régionale verviétoise. Après avoir fait un arrêt à la Banque nationale (BNB) vers 9h30, les quelque 3.000 militants FGTB/ABVV partis du boulevard Emile Jacqmain sont arrivés rue de la Loi vers 10h30.

Différents représentants syndicaux se sont ensuite adressés à la foule, estimée à plus de 20.000 par les syndicats et à entre 10.000 et 15.000 par la police. Outre les interventions des responsables de la FGTB, Rudy De Leeuw et Anne Demelenne, des représentants de syndicats néerlandais (FNV), luxembourgeois (OGBL) et français (Force ouvrière) ont pris la parole ainsi que le secrétaire-général adjoint de la CES, Joël Decaillon, qui a précisé que la détermination des syndicats n'allait pas faiblir puisqu'une manifestation européenne est programmée le 9 avril à Budapest.

Anne Demelenne voit d'ailleurs en cette prochaine manifestation une occasion de se rapprocher à nouveau de la CSC. Le syndicat chrétien a en effet refusé de prendre part à la manifestation de la rue de la Loi, préférant se rassembler au Heysel. "Le front commun n'est pas rompu. Nous avons simplement des stratégies de mobilisation différentes", a simplement commenté la secrétaire générale de la FGTB. Elle en a profité pour défendre les modalités retenues par le syndicat socialiste pour son action de jeudi. "Les citoyens ont été prévenus suffisamment à l'avance. Nous nous faisons porte-parole de revendications qui vont dans le sens de l'intérêt général", a-t-elle ajouté.

Vers midi, après la série d'allocutions, plusieurs dizaines de manifestants se sont opposés aux forces de l'ordre sur un tronçon de la rue de la Loi situé entre le boulevard du Régent et la rue Ducale. Les militants ont lancé des projectiles, notamment des morceaux de pavés qu'ils avaient descellés des trottoirs, contre des bâtiments et des policiers, alors que la police répliquait avec des autopompes et des gaz lacrymogènes.

"Ce n'est pas dans la rue qu'on va accélérer les choses mais je suis prête à aller discuter dans vos régionales pour connaître vos idées", a notamment indiqué la secrétaire générale à certains manifestants. Mme Demelenne a déploré ces événements "de fin de cortège". "Je préfère retenir de cette journée la mobilisation de plus de 20.000 personnes", a-t-elle ajouté.

Les manifestants se dispersent

Après près de deux heures de confrontation, l'ensemble des militants opposés aux forces de l'ordre ont quitté le carrefour de la rue de la Loi et du boulevard du Régent, à Bruxelles, laissant place aux véhicules de Bruxelles-Propreté. Peu avant, la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, avait discuté avec les quelque dizaines de manifestants qui faisaient face à la police.

Des militants syndicaux avaient lancé des projectiles, notamment des pavés. La police avait répliqué en utilisant des autopompes et des gaz-lacrymogènes. Les manifestants étaient descendus dans les rues de Bruxelles dans le cadre de la journée d'actions organisée par la Confédération européenne des syndicats, en marge du Sommet européen.

Quelques manifestants ont provoqué la police rue de la Loi à Bruxelles, à hauteur du carrefour avec l'avenue des Arts, a indiqué jeudi Ilse Van de Keere de la zone de police Bruxelles-Capitale - Ixelles. Les manifestants ont lancé des projectiles, notamment des pavés.

Les manifestants étaient descendu dans les rues de Bruxelles dans le cadre de la journée d'actions organisée par la Confédération européenne des syndicats, en marge du Sommet européen. La police a répliqué en utilisant des autopompes et des gaz-lacrymogènes.

M. De Smedt (FEB) comprend l'inquiétude syndicale mais regrette la forme

Le nouveau président de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pierre Alain De Smedt, a dit comprendre l'inquiétude et la réaction des syndicats, tout en déplorant la forme prise par la manifestation, qui s'est tenue jeudi à Bruxelles en marge du Sommet européen, paralysant une partie de la capitale. "Sur le fond, je comprends qu'il y ait une inquiétude parmi les travailleurs s'ils estiment que certaines choses auxquelles ils tiennent sont en péril. Mais c'est peut-être un peu exagéré au point de vue de la forme. Je trouve dommage que la ville de Bruxelles soit à nouveau paralysée", a déclaré jeudi Pierre Alain De Smedt.

"Il y avait peut-être moyen de faire autrement", a-t-il ajouté. Plus largement, le nouveau président de la FEB rappelle que la Belgique, "un petit pays au coeur de l'Europe", a fait le choix de la monnaie commune et que cela entraîne des avantages mais aussi des responsabilités. "L'euro nous apporte la stabilité mais il y a aussi des inconvénients. Cela ne marche pas s'il n'y a pas une certaine harmonisation des politiques économiques et sociales" des Etats de la zone euro, a souligne M. De Smedt. Le nouveau président de la FEB a par ailleurs rappelé la nécessité, selon la Fédération, de mener en Belgique une étude relative à l'indexation des salaires et aux mécanismes qui y sont liés. L'idée de cette étude, prévue dans le projet initial d'accord interprofessionnel (AIP), n'a finalement pas été retenue dans la version de l'AIP remaniée par le gouvernement.

La secrétaire générale de la FGTB a discuté avec les manifestants en colère

La secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, a discuté jeudi avec les quelque dizaines de manifestants qui font actuellement face à la police au carrefour de la rue de la Loi et du boulevard du Régent. Anne Demelenne a essayé de calmer le jeu, alors que la plupart des autres militants syndicaux commencent à se retirer progressivement. Les quelque dizaines de manifestants concernés se trouvent toujours à proximité des forces de l'ordre. De leur côté, les policiers maintiennent leur position et actionnent de temps à temps les autopompes. Par ailleurs, plusieurs de ces manifestants s'en sont pris à la porte d'un bâtiment du SPF Finances.

Situation stable entre les policiers et les manifestants boulevard du régent

Les dizaines de manifestants qui font face à la police et à leurs trois auto-pompes au boulevard du régent à Bruxelles, se tiennent à distance respectable de ces derniers, a constaté l'Agence Belga sur place. La situation est cependant stable à cet endroit. Des vitres des bâtiments environnants été brisées.

Des militants syndicaux ont lancé des projectiles, notamment des pavés. La police a répliqué en utilisant des autopompes et des gaz-lacrymogènes. Les manifestants étaient descendus dans les rues de Bruxelles dans le cadre de la journée d'actions organisée par la Confédération européenne des syndicats, en marge du Sommet européen.

Environ 10.000 personnes réunies au pied de l'Atomium

La CSC a réuni environ 10.000 personnes jeudi midi au pied de l'Atomium, sur l'esplanade du Heysel à Bruxelles, dans le cadre de la journée européenne d'actions de la Confédération européenne des Syndicats (CES). "La manifestation est un succès. Il suffit de voir à quel point l'esplanade est noire de monde", s'est réjouit Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, qui misait sur la présence de 7.000 à 8.000 personnes.

Si les membres de la CSC et de son pendant flamand ACV sont logiquement largement majoritaires, ils sont soutenus par des délégations venues de France, du Luxembourg, des Pays-Bas et de Roumanie. Les discours de Joël Decaillon, secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des Syndicats, de Luc Cortebeeck, président de la CSC, et de Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, sont prévus à partir de 13h00.

Plusieurs milliers de personnes manifestaient jeudi à Bruxelles à l'appel de syndicats belges et européens contre le "pacte pour l'euro" que les dirigeants de l'UE doivent entériner lors d'un sommet commençant plus tard dans la journée dans la capitale belge.

La Confédération européenne des syndicats (CES) a lancé un appel à manifester en fin de matinée rue de la Loi, l'artère du centre de Bruxelles où se trouve le siège des institutions européennes et où les 27 dirigeants de l'UE doivent se réunir à partir de 17H00 (16H00 GMT). "L'examen annuel de la croissance par la Commission européenne ainsi que le Pacte de compétitivité de la chancelière (Angela) Merkel et du président (Nicolas) Sarkozy tirent dangereusement les salaires et les droits sociaux vers le bas", a estimé la CES dans un communiqué.

Bien que les propositions du couple franco-allemand aient été atténuées dans le projet de "pacte pour l'euro" qui devrait être adopté d'ici vendredi par les Vingt-Sept, les syndicats belges continuent à craindre en particulier que soit remis en cause le système d'indexation automatique des salaires sur l'inflation, en vigueur en Belgique. Mais les grandes centrales syndicales du royaume se sont divisées quant à la stratégie à suivre pour marquer leur hostilité aux mesures d'austérité comprises dans le pacte européen.

Le syndicat socialiste FGTB a décidé de durcir le ton en organisant, avant le rassemblement de la CES, des cortèges partant de quatre entrées de Bruxelles, rendant la circulation très difficile dans plusieurs quartiers. Nous devrions être "environ 15.000", a affirmé la porte-parole de la centrale socialiste, Audrey Lhoest. Peu après 10H30, la rue de la Loi, où les leaders syndicaux devaient prendre la parole, était noire de monde, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le plus grand syndicat belge, la centrale chrétienne CSC, qui ne voulait pas bloquer la capitale, s'est démarqué de la FGTB et a organisé jeudi matin son propre rassemblement au pied de l'Atomium, un bâtiment emblématique de la capitale belge, en forme d'atome de fer agrandi 165 milliards de fois, situé sur les hauteurs de Bruxelles. De "5 à 7.000" manifestants y étaient attendus, selon la CSC.

Le réseau TEC perturbé

Le réseau TEC était quelque peu perturbé jeudi matin en Wallonie et plus particulièrement à Charleroi et à Liège, en raison des manifestations annoncées par les syndicats FGTB et CSC à Bruxelles, a annoncé jeudi le TEC dans un communiqué. A Charleroi, seuls 30pc des bus sont sortis des dépôts.

De même, dans la province de Liège, 10 à 40 pc des bus ne sont pas sortis des dépôts de Robermont, Jemeppe, Rocourt, Omal, Wanze et Verlaine. La situation est par contre normale à Verviers, Eupen, Warzée et Oreye. Il en est de même dans la province de Luxembourg et à La Louvière.

A Mons et à Tournai, les services sont assurés respectivement à hauteur de 81pc et 79pc. A Namur, 21 services ne sont pas assurés et, dans le Brabant wallon, il en est de même pour 7 services.

D’importantes perturbations sont à prévoir sur le réseau de la STIB. Les trams et les bus étant les plus touchés. Les métros semblent par contre être les plus fiables. Seuls les stations Shuman et Maelbeek ont été fermées par ordre de police.

Selon le site d'informations routières Touring, 126 kilomètres d'embouteillages étaient comptabilisés jeudi matin, peu après 8 heures, sur les autoroutes belges.

La CGSLB a manifesté à Liège

Une centaine de délégués et militants du syndicat libéral CGSLB ont manifesté jeudi dans les rues de Liège pour marquer leur opposition au "Pacte de compétitivité" discuté à Bruxelles par les ministres du Conseil européen.

"Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont mis ce pacte à l'agenda du Conseil pour stabiliser l'euro", rappelle Gonzague Millis, secrétaire permanent du syndicat à Liège. "Mais en Belgique, des mesures comme l'indexation des salaires, le chômage économique des employés, les prépensions, les plans d'aide à l'emploi, nous ont en fait permis de mieux résister à la crise que la France ou l'Allemagne. Nous voulons donc que ces mécanismes soient préservés."

Le syndicat ne nie pas qu'une certaine rigueur budgétaire soit "importante", mais estime que "ce n'est pas aux travailleurs et aux classes moyennes de payer la crise". Pour Gonzague Millis, il est temps de "rééquilibrer la taxation du capital, insuffisante, et celle du travail, bien trop élevée".

Quant aux raisons qui ont poussé la CGSLB à ne pas manifester avec la FGTB à Bruxelles jeudi, alors que les deux syndicats étaient main dans la main contre l'AIP, Gonzague Millis a précisé: "A l'instar de la CSC, nous pensons que les manifestations de Bruxelles vont ennuyer tout le monde sauf les concernés, c'est-à-dire les ministres européens. Ce n'est pas notre façon de faire".

Le prix de la composante énergie a moins augmenté que l'inflation

La question de l'augmentation des prix de l'électricité a été placée au centre des débats lors de la mobilisation organisée jeudi à Bruxelles, par la FGTB, devant le siège d'Electrabel. A cette occasion, Electrabel a tenu à rappeler que le prix de la composante énergie sur la facture d'électricité, qui est la seule qui dépend d'Electrabel a, entre 2007 et 2010, moins augmenté que l'inflation. Selon les chiffres que publie la Commission de Régulation de l'Electricité et du Gaz (CREG), "le prix de la composante énergie sur la facture d'électricité, qui est la seule qui dépend d'Electrabel, a, entre 2007 et 2010, moins augmenté (+ 4,94pc) que l'inflation (+ 6,09%)", explique le groupe dans un communiqué.

Electrabel précise par ailleurs que l'augmentation plus importante des prix totaux de l'électricité sur cette période s'explique en fait par la forte hausse d'autres facteurs (taxes et coûts de réseaux). Des éléments sur lesquels les fournisseurs en général et Electrabel en particulier n'ont aucune prise, selon le groupe énergétique.

Les manifestants FGTB et CSC rejettent les plans de Sarkozy et Merkel

Des milliers de manifestants FGTB - 20.000 selon les organisateurs, 13.000 selon la police - ont défilé jeudi dans les rues de Bruxelles contre le pacte de compétitivité, en marge du Sommet européen. Des militants CSC ont également manifesté au Heysel - 10.000 selon les organisateurs, 6.000 selon la police. La FGTB n'accepte pas les plans qui se retrouvent sur la table européenne des négociations. "C'est une attaque encore jamais vue contre les employés, plutôt que contre les spéculateurs qui ont causé cette crise", explique Rudy De Leeuw, président du syndicat socialiste. Les chefs de gouvernement européens veulent, par ces plans, réduire les salaires, allonger l'âge de la retraite et mettre les employés en concurrence, estime le syndicat. "Il ne s'agit que de mesures d'économie. Ces plans déconstruisent la solidarité", prévient le président de la FGTB. Ce que les syndicats désirent, c'est une Europe sociale et une taxe sur les transactions financières.

"Non aux plans de Sarkozy et Merkel", ajoute-t-il encore. Des dizaines de milliers de manifestants CSC ont également milité pour une Europe sociale au pied de l'Atomium. Le syndicat chrétien ne veut pas d'une Europe calquée sur le modèle allemand, a indiqué jeudi son président Luc Cortebeeck. Cela mènera principalement à l'augmentation de la pauvreté, des micro-contrats et des réductions de salaire, prévient le syndicat. "Ça, nous n'en voulons pas."

Perturbations d'intensités différentes selon les régions pour le TEC

Des perturbations d'intensités différentes sont constatées jeudi après-midi sur le réseau du TEC, à la suite des manifestations organisées à Bruxelles en marge du sommet européen, indique le TEC dans un communiqué. En Brabant wallon, des perturbations sont enregistrées sur les lignes Rapido 3 et 4 ainsi que sur les lignes classiques 19, 31,36, 69, 73, 122, 129 et W. En ce qui concerne le TEC Charleroi, 20 pc des services sont assurés. Dans le Hainaut, plus de 90 pc des services sont assurés à Mons et Tournai et la situation est qualifiée de "normale" à La Louvière.

Du côté du TEC Liège-Verviers, 50 pc de services ne sont pas assurés à Jemeppe, 15 pc à Robermont, 35 pc à Omal, 40 pc à Rocourt, 25 pc à Wanze et à Verlaine et 15 pc à Verviers. Par contre, à Eupen, Warzée, Bassenge et Oreye, tous les services sont assurés normalement. Enfin, pour le TEC Namur-Luxembourg, plus de 90 pc des services sont assurés dans la province de Namur et la situation est normale dans le Luxembourg.