Belgique

Une étude menée par des chercheurs de la Vrije Universiteit Brussel et de l’Université de Gand vient de confirmer de manière scientifique que le corps médical flamand est plus ouvert à l’euthanasie que son alter ego wallon. En effet, les médecins flamands sont plus souvent confrontés à des demandes d’euthanasie que leurs collègues wallons et accèdent aussi plus souvent à une telle demande. Par ailleurs, lorsqu’il y a une demande d’euthanasie, ils consultent plus souvent un second médecin indépendant. Ils déclarent également plus fréquemment les cas effectivement pratiqués suivant la procédure légale. Ce sont les grands enseignements d’une étude des Prs Joachim Cohen et Luc Deliens du groupe de recherche "Zorg rond het Levenseinde" (Soins en fin de vie) de la VUB et de l’UGent qui vient de paraître dans "Social Science&Medicine". Les chercheurs flamands ont réalisé une enquête à grande échelle sur les attitudes et la pratique concernant l’euthanasie auprès d’un échantillon représentatif de 480 médecins de Flandre et 305 médecins de Wallonie.

Un peu plus de la moitié des médecins flamands interrogés sollicités par une demande d’euthanasie depuis le vote de la loi il y a 10 ans y ont accédé contre 38 % des médecins wallons. Dans 73 % des demandes d’euthanasie à des médecins flamands, un second médecin a été consulté mais chez les médecins wallons, cette consultation n’a eu lieu que dans 50 % des cas.

Et respectivement 73 et 58 % des euthanasies pratiquées ont été déclarées à la commission de contrôle. Les promoteurs de la recherche y voient de nettes différences d’attitude entre les deux régions. Les médecins wallons sont plus souvent opposés à pratiquer l’euthanasie, mais aussi à l’obligation légale de déclarer les cas à la Commission fédérale d’évaluation et de contrôle de l’euthanasie. Comme moins d’un cinquième des cas signalés a été pratiqué par des médecins francophones, on a beaucoup spéculé sur ces différences communautaires. Selon certains, les médecins wallons pratiqueraient moins souvent l’euthanasie mais d’autres estiment qu’ils en font surtout moins état officiellement. Selon l’étude bruxello-gantoise, les deux options tiennent la route. Oui, les médecins wallons pratiquent moins souvent l’euthanasie, mais quand ils le font, ils suivent moins les règles légales prévues. Selon le professeur Cohen "la Flandre se rapproche culturellement peut-être un peu plus des Pays-Bas, notamment sur la nécessité d’avoir des règles. Ceci expliquerait pourquoi les médecins flamands ont une attitude plus positive à l’égard des règles de la loi".