Belgique Alors que 164.000 élèves francophones débutent leurs épreuves certificatives ce jeudi, une vidéo dévoilant le contenu d'une épreuve du CE1D (2e secondaire) s'est retrouvée en ligne une douzaine d'heures.


La Fédération Wallonie-Bruxelles, qui a fait retirer la vidéo entre-temps, assure qu'aucun élève n'a eu le temps de voir son contenu.

Comme la DH le rapportait ce mardi, la Fédération Wallonie-Bruxelles a débloqué, ces deux dernières années, un important budget pour permettre aux écoles dans lesquelles sont stockés les CEB (certificat d'étude de base de 6e primaire) d'investir dans des dispositifs de sécurité. Quelque 65.000€ ont ainsi été utilisés en cadenas ou en barreaux de fenêtre. Objectif: empêcher ou limiter au maximum des fuites de questions d'examen comme ce fut le cas en 2015. Reste qu'une vidéo dévoilant une des épreuves du CE1D a été postée sur Youtube ce mardi, avant d'être retirée mercredi en fin de matinée. Le cabinet de la ministre de l'Education Marie-Martine Schyns (CDH) confirme l'information, mais asssure qu'aucun élève n'a eu le temps de visionner le film.

L'impressionnant dispositif de sécurité mis en place contres d'éventuelles fuites concerne la divulgation des épreuves écrites. Sauf que les enseignants de sciences de 2e secondaire sont amenés à présenter jeudi une expérience biologique devant leurs élèves, qui seront notés sur leur capacité à décrire celle-ci. Une expérience sur laquelle les enseignants reçoivent les informations afin de se préparer et s'entraîner à la faire. C'est une vidéo de cette expérience, identique pour l'ensemble des élèves francophones, d'une enseignante qui s'est retrouvée momentanément sur Youtube.

Selon le cabinet de la ministre de l'Education, il s'agit d'une erreur de manipulation de la part de la professeur. "Un certain nombre d'enseignants partagent leur vécu et leur expérience sur cette question. Il y a eu des échanges entre collègues et l'enseignante a voulu leur envoyer la vidéo, sans se rendre compte que c'était public. Elle et l'administration s’en sont tout de suite rendu compte et la vidéo, qui n'a été vue que par l’administration et des enseignants, a été immédiatement retirée. Il n'est pas question de proposer une nouvelle épreuve, car on a pu s'assurer qu'aucun élève n’a vu l’expérience", indique le cabinet de Marie-Martine Schyns. Ce mercredi matin, quand la DH a visionné cette vidéo après avoir été alerté par un enseignant, celle-ci affichait une trentaine de vues sur Youtube.

En 2015, la ministre de l’Education Joëlle Milquet (CDH) avait choisi d'annuler tous les examens dont les questions avaient été dévoilées préalablement sur les réseaux sociaux. C'était notamment le cas de l'épreuve de sciences et de l'épreuve de langues modernes (anglais, néerlandais, allemand) du CE1D, et de celle d'histoire du CESS destiné aux élèves de 6e secondaire.

"Lors des précédentes fuites, nous avions reproché l’extrême complexité du processus d’élaboration de l’épreuve. Une simplification drastique est très clairement nécessaire ! Pourquoi imaginer des expériences de ce genre, obligeant les enseignants à les tester auparavant sans savoir si chaque école est correctement équipée pour ce faire ? Par ailleurs, nous avions également plaidé pour une distribution des épreuves le jour même, comme cela s’organise dans d’autres pays", a réagi, mercredi vers 18h, dans un communiqué de presse, la cheffe de groupe MR au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Il faut bien comprendre que les épreuves sont bien distribuées le jour même. Ici, il s’agit uniquement de consignes pour une expérience", a réagi le cabinet de la ministre de l'Education.


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