Belgique

Priorité policière. Le rapport 2010 du Centre pour l’égalité des chances aborde, comme chaque année, le phénomène de traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle. Il épingle le cas d’un dossier nigérian de prostitution (Turnhout), particulièrement intéressant en raison des liens étroits qu’il entretient avec d’autres dossiers (les salons de Liège). Un non-lieu a été prononcé le 22 avril 2011, pour des faits remontant à la période 2000-2002. "C’est l’issue malheureuse d’une enquête qui a traîné notamment par manque de coordination entre arrondissements judiciaires", commente Edouard Delruelle, directeur adjoint du Centre.

A la base du système, des proxénètes qui travaillent dans l’activité pétrolière au Nigéria. Ils recrutent via des "loverboys" (qui séduisent des jeunes filles) ou des "madames" (ex-prostituées en Europe revenues au pays, qui leur font miroiter la réussite financière). Le système repose sur des petites entreprises familiales ; les victimes tombent dans le panneau pour des raisons économiques, psychologiques, émotionnelles ou religieuses - ou un peu de tout ça. En Belgique, elles n’osent pas dénoncer leurs proxénètes qui menacent de se venger sur les proches restés au Nigéria.

La lutte contre l’exploitation sexuelle garde toute l’attention de la police qui devrait, selon les récentes déclarations de Paul Van Thielen, commissaire général de la police fédérale ad interim, proposer de l’inscrire en tant que priorité dans le prochain plan national de sécurité (PNS). An.H.