Belgique

Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles, tout comme la Flandre et nombre de pays développés, font face à un phénomène croissant de pénurie d'enseignants, l'OCDE publie opportunément lundi une vaste étude sur les meilleurs moyens d'attirer les jeunes talentueux vers cette profession, et de les y maintenir. L'étude balaie notamment l'idée qu'une revalorisation salariale généralisée du métier constituerait une quelconque panacée. Cette mesure aurait même un effet plutôt négatif car elle n'aurait pour effet que d'attirer des étudiants de niveau faible ou moyen vers le métier, et pas les étudiants les plus performants ou motivés.

Si ces derniers rechignent à embrasser le métier de prof, c'est en raison des conditions de travail dans l'enseignement, et de l'image plutôt dévalorisée du métier dans l'opinion publique.

Si les gouvernements souhaitent avoir demain de meilleurs profs, c'est donc sur ces leviers qu'il leur faut agir, insiste l'étude 'Effective Teacher Policies'.

Pour améliorer ces conditions de travail, l'OCDE plaide notamment pour que les enseignants aient moins d'élèves par classe, qu'ils jouissent d'une plus grande autonomie professionnelle et qu'ils aient aussi de meilleures opportunités d'évolution de carrière.

Sur base des résultats de l'étude PISA 2015, l'étude essaie aussi d'identifier les changements qui ont permis à certains systèmes éducatifs nationaux d'augmenter leurs performances globales, notamment dans la gestion du corps enseignant, la ressource considérée comme la plus déterminante pour améliorer le niveau éducatif.

Ici aussi, relever le salaire des profs n'a pas eu de réels impacts qualitatifs, ni le fait de recourir à des enseignants plus jeunes.

En revanche, une mesure s'est montrée particulièrement efficace, à savoir assurer une plus grande autonomie aux directeurs d'école pour engager (ou licencier) les enseignants en fonction des besoins propres identifiés dans son établissement, conclut l'étude.