Belgique

La lauréate Angeline Flor Pua ne se laissera pas démonter, soutenue par le monde politique et associatif.

"Je suis fière d’être la première Miss Belgique avec des racines asiatiques. C’est vrai que j’ai lu beaucoup d’horreurs à mon sujet mais cela ne m’empêchera pas de faire mon travail et de réaliser mes rêves. Je sais aussi que ces méchancetés auront blessé beaucoup de personnes”.

Angeline Flor Pua, élue samedi soir à La Panne n’a pas pu esquiver le tombereau d’injures et d’ignominies déversées sur les réseaux sociaux après sa désignation. Rien ne lui aura été épargné sur ses origines philippines ou sur le fait qu’elle vit à Borgerhout, quartier d’Anvers à très forte population immigrée - pour ne citer que les moins effroyables... - mais la jeune femme de 22 ans qui est née à Wilrijk est bien décidée à faire face. Mieux, ses premiers commentaires semblent montrer qu’elle ne se contentera pas d’être “la plus belle du Royaume” et qu’elle soulignera chaque fois que ce sera nécessaire qu’elle incarne la société multiculturelle belge d’aujourd’hui tout comme elle a déjà fait remarquer qu’avant elle il y eut des Miss nationales aux racines africaines, cap-verdiennes ou encore turques...

Soutiens politiques à tous les niveaux

Elle pourra à coup sûr compter sur l’appui du monde politique et des institutions préoccupées par ce racisme intolérable comme Unia, le centre pour l’égalité des chances.

Notamment sur celles du ministre flamand de la Culture Sven Gatz (Open VLD) et du bourgmestre d'Anvers et président de la N-VA Bart De Wever.

De son côté, la secrétaire d'Etat Zuhal Demir (N-VA) a jugé lundi que le titre obtenu par la jeune anversoise, qui a des racines aux Philippines, est une bonne nouvelle. Cela démontre que "La Flandre est une société ouverte".

Interrogée au cours de l'émission "De Ochtend" (Radio Een), Mme Demir a jugé que Flor Pua pourrait déposer plainte sur base de la loi anti-raciste, ce que celle-ci n'envisage, pour l'instant, pas de faire.

Pour la secrétaire d'État bruxelloise Bianca Debaets, qui s'est dite outrée par "les nombreux propos racistes apparus sur les réseaux sociaux", Angeline Flor Pua, "une demoiselle intelligente, multilingue et ambitieuse est Belge et fière de l'être. Il est intolérable qu'une déferlante de propos racistes à son égard ait pu voir le jour sur les réseaux sociaux.... Au lieu de briser les rêves des personnes issues de la diversité, on doit au contraire les encourager", a précisé Bianca Debaets.


"C'est avec une extrême fermeté que je condamne des propos qui n'ont pas leur place dans notre démocratie. Il existe d'ailleurs des lois dans notre pays qui permettent d'en poursuivre les auteurs. J'espère qu'ils pourront ici être identifiés et condamnés", a-t-elle encore dit, félicitant Angeline Flor Pua pour son titre.

Une devise empruntée à Nelson Mandela

Angeline Flor Pua de son côté ne manque pas de caractère: son objectif de devenir... pilote de chasse ne se concrétisera pas mais elle est en bonne voie de devenir pilote de ligne, au terme d’études très onéreuses menées à l’aéroport de Deurne pour lesquelles elle a sacrifié une bonne part de sa jeunesse. Déterminée et courageuse, elle le fut aussi sans conteste le 22 mars 2016 à Zaventem où elle assurait l’accueil des voyageurs et a dû se muer en secouriste armée d’un grand sang-froid après l’attentat... Cette adepte de sports extrêmes qui s’est aussi engagée dans l’aide concrète à la jeunesse cambodgienne n’a vraiment pas choisi par hasard Nelson Mandela comme personnalité marquante à la fin de son élection.

Parce que ma vie illustre ce qui fut sa devise: si tu tombes sept fois, il faut être debout une fois”...