Belgique

Dans la famille E., il y a Maman et Babou, Manon (14 ans) et Raphaël (11 ans).

Maman, c’est Dominique : 50 ans, institutrice. Babou, c’est Babette : 63 ans, infirmière en soins intensifs, la compagne de Maman. "Mais je dis maman à Babou quand maman n’est pas là", précise Raphaël, un adorable petit blond aux yeux bleus. Il y a encore les deux grandes filles (39 ans et 32 ans) d’un premier mariage (hétérosexuel) de Babou.

Elles avaient 13 et 7 ans quand Dominique est entrée dans la vie de Babou. La nouvelle compagne avait fait son deuil de la maternité. "C’était clair. Mon choix de vie comme homosexuelle, c’était avec cette blessure, explique Dominique. Je ne concevais pas de devenir maman. A cause du regard des autres. Je n’avais pas envie que mes enfants vivent le rejet, les critiques."

Pendant neuf ans, elle n’en démord pas. Mais les années passent et les mentalités évoluent - doucement. La gay-pride fait avancer les choses, dit-elle. Au début des années 2000, on ne pense plus tout à fait comme dans les années nonante. Il y a aussi l’horloge biologique qui tourne. "A 35 ans, le corps rappelle la femme. On se dit : c’est maintenant ou jamais."

Babou est surprise. "J’avais toujours farouchement dit que je ne voulais pas. Elle tombait des nues", raconte Dominique. Les deux femmes prennent le temps de réfléchir. Il a fallu deux mois. "Elle avait déjà deux ados. On voyait la liberté arriver. Là, c’était recommencer à zéro, retomber dans les couches-culottes", se souvient Dominique en riant.

Elle appréhendait un peu d’annoncer leur projet aux filles de Babou : "Elles l’ont approuvé avec beaucoup de bonheur." Idem pour les proches. "Tout s’est passé nickel. A part mon père, mais c’était normal : ça ne faisait pas partie de son éducation. Je me disais : si la famille est avec nous : on sera forts contre le monde extérieur."

Blond, yeux bleus, 1m80

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