Belgique

Le preneur d'otages qui retenait toujours deux femmes, jeudi, dans un appartement situé au-dessus du café L'Albertine, dans le centre de Bruxelles, traîne un lourd passé judiciaire derrière lui.

En 1987, il est condamé en correctionnelle à 6 ans de prison pour prise d'otages.

Le 10 octobre 1997, le Français Farid Bamouhammad (37 ans), dit «Farid le fou », est condamné à 13 ans de réclusion par la cour d'assises de Bruxelles-Capitale pour meurtre et tentative de meurtre. Il est libéré deux ans plus tard, en février 1999, en vue de son expulsion vers la France, son pays d'origine.

En juillet 1994, il avait abattu par balles Abdelkader Benlhal au cours d'une expédition punitive, dans le quartier de la Cage aux ours, et tenté de tuer, un mois plus tôt, Hassan Mokhtari. Ces crimes étaient motivés par la vengeance: la compagne d'alors de Farid, Nathalie Sri Brahim, lui avait confié avoir été violée par les victimes.

Au terme de ce procès d'assises, il est acquitté pour une tentative de hold-up avec prise d'otages dans une agence de la Générale de Banque, à Molenbeek, et pour un braquage perpétré peu après contre un bureau de poste de Schaerbeek.

Nathalie Sri Brahim a été condamnée en janvier 1998 à 18 mois de prison ferme pour complicité de meurtre.

Farid Bamouhammad refait parler de lui le 5 janvier 2000, alors qu'il est en liberté conditionnelle. Aidé de deux complices, il se rend avec armes et grenade au domicile de sa belle-famille, à Etterbeek, où il exige de pouvoir rencontrer son épouse. Face au refus de cette dernière, il emmène les otages (la soeur, les parents de sa compagne et sa fillette de quatre ans) au restaurant Quick de Drogenbos. La prise d'otages, qui aura duré une dizaine d'heures, se dénoue de manière spectaculaire, mais sans effusion de sang, par l'intervention de l'Escadron spécial d'intervention.

Bamouhammad a déclaré, au cours de son procès pour ces faits, qu'il souffrait de ne plus voir sa petite fille, née de son union avec Nathalie Sin Brahim.

Le 11 janvier 2002, le tribunal correctionnel de Bruxelles le condamne à 5 ans de prison ferme pour prise d'otages, menaces et séquestration.

Depuis hier/mercredi soir, il retient en otages la mère d'accueil de ses deux enfants (âgés de 2 et 9 ans) et la fille de celle-ci dans un appartement du centre de la capitale.

Armé d'une grenade, il justifie son geste par la crainte de ne plus jamais revoir ses enfants, dont la garde a été accordée à la mère d'accueil par décision de justice. Ces derniers, présents aux premières heures de la prise d'otages, ont été libérés mercredi vers 22h30.