Belgique

Michel Fourniret a insinué mercredi après-midi devant la Cour d'assises des Ardennes que son épouse Monique Olivier avait participé au meurtre de Farida Hamiche, disparue le 12 avril 1988 près de Clairefontaine en Yvelines.

Interrogé sur les circonstances de cet homicide, destiné à s'emparer d'une grande partie du trésor du "gang des Postiches", le tueur en série présumé a déclaré qu'il avait étranglé sa victime, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Selon le récit de Michel Fourniret, son épouse Monique Olivier aurait de son côté utilisé une baïonnette pour tuer cette femme de 30 ans. Reconnaissant être sur les lieux du crime, cette dernière a cependant contesté cette accusation-surprise. "Je n'ai jamais eu cette baïonnette en main", a-t-elle répondu.

Selon elle, son époux aurait étranglé seul l'épouse du truand Jean-Pierre Hellegouarch, un trafiquant de stupéfiants et un braqueur réputé proche des milieux d'extrême gauche, et qui avait été incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne) avec Michel Fourniret.

Le meurtre de Farida Hamiche aurait été destiné à s'emparer d'une partie importante du butin du gang des Postiches, un temps enterré dans un cimetière de Fontenay-en-Parisis (Val d'Oise).

Selon les précédents aveux de Michel Fourniret, il aurait supprimé cette femme à coups de baïonnette, avant de l'enterrer dans le secteur de Clairefontaine (Yvelines), non loin de son ancienne résidence. "J'ai la plus grande admiration pour l'intelligence et la personnalité de Jean-Pierre Hellegouarch", a déclaré Michel Fourniret à l'ouverture des débats. "J'ai trahi sa confiance". Plus tôt mercredi, le tueur en série présumé s'était dit "décidé à tenter de retrouver le corps de Farida Hamiche. "Il faut des éléments pratiques pour faire des recherches", a précisé le prévenu, "c'est le technicien de méthode qui vous parle".

Au début de l'audience, un commissaire de la Direction régionale de la police judiciaire de Versailles a expliqué comment Michel Fourniret avait été amené, en octobre 2006, dans les Yvelines, pendant une journée et demie pour retrouver le cadavre. Ces recherches s'étaient avérées infructueuses. "J'ai été pris par surprise, je n'étais pas préparé à ces recherches", a indiqué l'accusé. "J'aurais dû faire un travail de mémoire, j'aurais dû me préparer".

L'Ardennais a regretté qu'un hélicoptère n'ait pas été employé pour chercher le corps de Farida Hamiche. En juin 2006, de grands moyens avaient été employés pour retrouver le cadavre d'Isabelle Laville, 17 ans, la première victime présumée du couple.

Les nombreuses indications données par son assassin présumé, qui avait été dûment préparé à cette opération, ne correspondaient pas à l'endroit où il avait été finalement localisé. "Les gesticulations de Fourniret, on les connaît", a précisé l'avocat général Francis Nachbar au sujet de la prétendue main tendue par le prévenu. "Bon courage pour retrouver le corps", a-t-il lancé.