Belgique

On redouble trop à l'issue de l'enseignement préscolaire. En 2014, 1.168 élèves ont redoublé leur 3e maternelle, soit 2,15% de l'effectif. Joëlle Milquet (CDH), la ministre de l'Education, a déposé un texte qui va rigoureusement brider cette sale manie, lit-on jeudi dans Le Soir. La ministre de l'Education a fait adopter mercredi, en exécutif, un avant-projet de décret qui va brider le redoublement en 3e maternelle. Dès l'an prochain, le redoublement devra être fondé sur des motifs exceptionnels (à encore fixer par arrêté), et l'avis de l'école et du Centre de Prévoyance Médico-Sociale (CPMS) seront requis. Il faudra aussi l'accord du ministère.

Si l'école fait redoubler alors que le ministère n'a pas donné son accord, l'élève n'entrera pas en ligne de compte pour le calcul de l'encadrement et il n'apportera aucun subside à l'établissement.


Le MR contre l'interdiction du redoublement en 3e maternelle


L'opposition MR en Fédération Wallonie-Bruxelles a exprimé jeudi son opposition à la volonté de la ministre de l'Education, Joëlle Milquet, de mettre un terme par décret au redoublement en 3e maternelle.

"Ce décret enlèverait aux parents une décision éducative majeure", estime dans un communiqué sa cheffe de groupe, Françoise Bertieaux. "D'autre part, cela fait preuve de fort peu de considération des équipes éducatives qui assument des choix difficiles mais réfléchis", ajoute-t-elle.

"Sur la forme, que la ministre soit le dernier recours est totalement inapproprié! Le politique ne doit pas se substituer au pédagogique", dénonce encore Mme Bertieaux.

S'il préconise prioritairement l'investissement dans la remédiation et l'accompagnement des élèves en difficultés, le MR estime néanmoins que, "dans certains cas, hélas, (le redoublement) reste la formule la plus adaptée".

"Par exemple, pour un enfant primo-arrivant qui ne maîtrise pas la langue de l'enseignement, faire une année supplémentaire dans le maternel peut lui être bénéfique pour aborder les apprentissages du primaire", jugent les réformateurs.

Actuellement, le redoublement coûte à la Fédération Wallonie-Bruxelles 400 millions d'euros sur l'ensemble de la scolarité.

"Espérer faire quelques petites économies en légiférant de la sorte n'est pas la meilleure des pistes à explorer", conclut le MR.