Belgique

La tendance se confirme à moyen terme : depuis un an, à chaque édition de notre baromètre, le Vlaams Belang perd environ 1 pc d'intentions de vote. En juin 2006, il s'affichait à son sommet absolu avec 26,6 pc (et un doigt du cartel CD & V/N-VA - 26,7 pc) et pouvait sembler en route vers la barre des 30 pc. Il est aujourd'hui à 22,9 pc. Les dirigeants du parti d'extrême-droite eux-mêmes s'attendent désormais à un recul le 10 juin par rapport aux élections régionales d'il y a trois ans (le parti, à l'époque encore "Vlaams Blok", avait fait 24,2 pc des voix) et visent les 20 pc.

Où sont partis les déçus du Belang ? Peut-être en partie vers la Lijst Dedecker. Mais malgré le ralliement de quelques noms connus, comme l'ex-Belang (et ex-journaliste) Jurgen Verstrepen, la parlementaire SP.A Mimount Bousakla ou la judoka Ulla Werbrouck, la liste ultra-libérale plafonne à 2 pc à la veille du scrutin. Le parti de l'ex-VLD n'a jamais approché les 5 pc dans aucun sondage et il risque dès lors d'encore enregistrer des défections supplémentaires au moment du scrutin, au nom du vote utile.

Le CD & V/N-VA loin devant

L'Open VLD, par contre, ne semble pas souffrir du départ de Jean-Marie Dedecker. Mais si sa progression est régulière depuis un an (bas historique de 16,9 pc dans notre baromètre de juin 2006), elle n'est pas très significative. Malgré le battage de Guy Verhofstadt, une ligne politique clarifiée et une meilleure image du gouvernement fédéral sur la fin, les libéraux flamands n'atteignent que 18,6 pc. Ils n'ont plus franchi la barre des 20 pc dans notre baromètre depuis septembre 2004, début des turbulences pour la coalition violette, avec le dossier DHL.

À 19,4 pc, les socialistes flamands, davantage épargnés par les critiques de l'opposition, ne font somme toute guère mieux. Ils affichent un score quasiment identique à celui des régionales de 2004. Johan Vande Lanotte semble avoir plutôt réussi sa reprise au vol de la présidence du parti après le départ-surprise de Steve Stevaert en 2005. Mais à l'été 2005, le cartel SP.A-Spirit affichait tout de même un peu plus : 21,4 pc. Total pour la coalition violette au nord : 38 pc. C'est peu dire que cela ne suffira pas.

Il risque donc d'y avoir nettement moins de suspense dimanche au nord du pays qu'ailleurs : à la veille du scrutin, le cartel CD & V/N-VA a six points d'avance sur le Belang, neuf sur SP.A-Spirit et dix sur l'Open VLD : on imagine mal qu'il ne sorte pas vainqueur et maître du jeu en Flandre. Les chrétiens-démocrates n'ont même pas eu besoin de mener une campagne virulente pour arriver à ce résultat, l'opinion publique flamande semble acquise de longue date à un renversement de majorité.

Depuis les élections régionales, les violets n'ont atteint qu'une seule fois 40pc d'intentions de vote ensemble : c'était en septembre 2004...

Enfin, les verts flamands restent à la traîne de leurs frères francophones. 6,3 pc, c'est leur deuxième plus mauvais score depuis les élections régionales, alors que la problématique du climat est partout. Néanmoins, le risque de n'obtenir aucun parlementaire, comme en 2003, semble écarté.