"Force flamande" ou faiblesse du Vlaams Belang ?

P.G. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Cela devient un peu l'Arlésienne. L'idée de réunir toutes les forces nationalistes flamandes de droite (Vlaams Belang, Lijst Dedecker, N-VA et une partie du CD&V) sous une même bannière ressurgit régulièrement. Mais chaque fois pour arriver à la conclusion que ce projet ne sortira jamais du tiroir. Non seulement la droite nationaliste flamande n'est pas unie, mais son plus grand parti, le Vlaams Belang, reste pétri de contradictions.

Dernier avatar : Filip Dewinter est allé lui-même plaider la cause mardi soir à "Terzake", sur la VRT. Pour lui, la droite nationaliste flamande perd une chance historique unique si elle ne s'unit pas maintenant, car le fait qu'Yves Leterme n'arrive pas à mettre en route la réforme de l'Etat promise, alors que le cartel CD&V/N-VA a remporté les élections avec un programme très communautaire, prouve, selon lui, que le modèle belge ne fonctionne plus. A quoi la figure de proue du Belang a ajouté que "des alliances doivent être possibles, voire même la fondation d'un nouveau parti". Rien que ça ! Et jeudi, il en a remis une couche dans le "Laatste Nieuws".

Côté Belang les choses sont plus claires qu'avant. Au printemps dernier, Bruno Valkeniers, candidat d'ouverture du parti et pro-Forza Flandria, a remplacé à la présidence du parti Frank Vanhecke, qui y était farouchement opposé. Désormais, le sommet du parti - Valkeniers, Dewinter, Annemans - semble acquis à l'idée d'une grande alliance.

Njet !

Mais pour Jean-Marie Dedecker, c'est non : "Les cartels, c'est bon pour les partis qui n'osent pas se présenter seuls devant l'électeur." Et si le Belang fait une offre de collaboration, c'est parce qu'il est aux abois. Lors des dernières régionales, en juin 2004, le Belang - alors Blok - était à son sommet absolu et, sauf retournement inattendu, il ne peut que reculer nettement en 2009. Quant à la N-VA, on ne voit pas très bien ce qui pourrait la tenter dans l'état actuel des choses.

Et puis les durs du Belang, comme Koen Dillen (fils de) ou Filip De Man, plus une partie de la base, restent opposés à toute idée de cartel. Et aussi : pour être fréquenté, il faut être fréquentable. Dans cette optique, personne n'a compris pourquoi le parti continue à défendre contre vents et marées Bart Debie, condamné pour faits de violences (à l'époque où il était commissaire de police à Anvers). M. Dedecker a eu beau jeu d'utiliser cet argument pour décréter que l'ex-Vlaams Blok restait un parti infréquentable.

P.G.

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