Belgique

Le SP.A a tenté de l’en empêcher. Le chef du groupe, Peter Vanvelthoven, est monté à la tribune pour rappeler qu’en principe, la chambre ne débat pas en séance plénière d’un texte si le rapport de la commission n’a pas été fourni aux députés trois jours avant la discussion. Mais en vain. Le débat sur les conclusions de la commission d’enquête sur la séparation des pouvoirs a bien eu lieu. Majorité contre opposition. Il faut bien dire que la conférence de presse donnée en matinée par l’alliance de circonstance Ecolo-SP. A-Groen avait échauffé les esprits (lire ci-contre)

Particulièrement amer, Daniel Bacquelaine, chef du groupe MR à la Chambre, a égratigné avec des mots parfois très durs mais sans les citer nommément certains membres de la commission. "Nos objectifs ont-ils été atteints ? s’est-il interrogé à la tribune. Je n’en suis pas convaincu. Très vite, il est apparu que tous ne partageaient pas les mêmes objectifs. Pour certains, les conclusions de notre commission étaient écrites avant même d’avoir débuté les travaux. Nous attendions des parlementaires en réflexion sur une question essentielle en démocratie. Tous ne l’ont pas vu de la sorte : nous avons eu droit à des bateleurs. Pire : des camelots du grand complot."

Rejetant toutes les tentatives d’éclabousser le patron du MR, Daniel Bacquelaine a montré du doigt ceux qui avaient "sciemment entretenu la confusion entre des contacts admis par les règles usuelles de la procédure judiciaire et des pressions". Et de conclure : "Ces prises de positions spécieuses s’inscrivent dans une démarche fondée sur un a priori selon lequel telle personne ou tel ministre devait nécessairement être responsable. Cette approche par a priori et la théorie du grand complot font écho à une autre commission, antérieure, au cours de laquelle certains défendaient la même logique intellectuelle sous le vocable de réseau." Référence à la commission Dutroux.

Le PS n’a pas mâché ses mots non plus. Et cette fois, en nommant la cible : les verts. Thierry Giet, qui concède que "la séparation des pouvoirs a été mise à mal", a accusé Ecolo d’avoir choisi "la carte de l’électoralisme pour se démarquer et utiliser à leurs propres fins les travaux d’enquête". Pour preuve, il a indiqué que les 13 recommandations du tandem SP.A-Ecolo rejoignaient pour l’essentiel celles du rapport de la majorité. "Aujourd’hui, a lâché Thierry Giet, on se rend compte que certains n’ont pas hésité à préférer l’électoralisme à la recherche de la transparence, de la clarté et de recommandations pour empêcher qu’à l’avenir la séparation des pouvoirs soit mise en péril."

Sur un ton plus neutre, le chef de file du CDH à la Chambre, Christian Brotcorne, s’est borné à indiquer que " notre commission a exécuté son mandat, au maximum des contraintes imparties temporellement, juridiquement, judiciairement et politiquement ". Dans la majorité, malgré tout, des lézardes sont apparues. Si pour le MR, il n’y avait que deux "contacts problématiques", dont aucun ne concernait le cabinet Reynders. Pour les autres partis, y compris ceux de la majorité, il s’agissait d’une vision trop restrictive.