Belgique

Le chanoine François Houtart, 85 ans, a reconnu mercredi dans les colonnes du Soir avoir abusé en 1970 de l'un de ses cousins, âgé à l'époque de huit ans. Il a démissionné de la présidence du Centre Tricontinental (Cetri) et demandé à ses partisans de suspendre la campagne en faveur de sa candidature au prix Nobel de la paix 2011.

Une plainte anonyme a été déposée à la commission Adriaenssens par une des cousines de François Houtart. Celle-ci explique qu'un chanoine qui était hébergé par ses parents dans la région de Liège s'était introduit à deux reprises dans la chambre de son frère pour le violer. Le prêtre indique de son côté qu'en traversant la chambre du garçon, il a "touché ses parties intimes à deux reprises". M. Houtart qualifie l'acte "d'inconsidéré et irresponsable".

Le chanoine déclare avoir proposé aux parents de la victime, avec qui il était cousin, de renoncer à l'exercice du sacerdoce et d'assumer toutes les conséquences de son acte. "Ils me proposèrent alors de consulter un professeur du grand séminaire de Liège. Celui-ci me conseilla de rester dans le sacerdoce et de me concentrer sur les tâches universitaires en sociologie des religions."

Le prêtre admet avoir demandé l'arrêt de la campagne en faveur de sa candidature au prix Nobel à cause des pressions d'une cousine qui avait du mal à accepter ces marques de reconnaissance pour un homme coupable d'abus sexuels. Surnommé "pape de l'altermondialisme", François Houtart a été professeur de sociologie à l'UCL de 1958 à 1990. Il avait notamment participé au Concile Vatican II en 1962, fondé l'ONG Cetri en 1976 et été l'une des chevilles ouvrières du premier Forum social mondial, à Porto Alegre, en 2001.