Belgique

Françoise Bertieaux était l'invitée politique de Twizz Radio ce matin. La chef de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a réagit à la proposition de Marie-Dominique Simonet et de Rudy Demotte d'inciter les écoles à ne plus faire redoubler les élèves: "Je suis un peu étonnée que ce soit le thème de [la] rentée scolaire. D'abord, c'est un petit peu pessimiste comme thème [...] C'est pas porteur pour des jeunes enfants qui partent avec leur cartable pour la première fois à la grande école. Mais en plus, le redoublement, c'est en fait une conséquence. C'est la conséquence de l'échec". "Qu'on me dise qu'on va lutter contre l'échec! Qu'on m'explique quelles mesures on va prendre pour que l'échec ne s'installe pas!" réclame Françoise Bertieaux.

Pour la chef de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "l'école de la réussite (NDLR du nom du décret de 1995 qui organise l'enseignement francophone en Wallonie et à Bruxelles), c'est ravissant comme slogan, ça fait rêver tout le monde. Mais les mesures concrètes, la remédiation immédiate pour l'enfant qui est en difficulté, les apprentissages que l'on installe et que l'on inscrit mieux dans le parcours de l'enfant, ça ce sont toutes des choses que les spécialistes s'accordent à dire indispensables pour lutter contre l'échec".

Pour Françoise Bertieaux, "s'il y a moins d'échec, il y a moins de redoublements... [Or] je ne vois nulle part le mot échec, constate l'intéressée. Lutte contre le redoublement, j'ai un peu peur souligne Françoise Bertieaux... "Je me dis: qu'est-ce qu'on va faire? Soi disant, on ne va pas décrèter. Comment est-ce qu'on va inciter les écoles? Des mesures financières? C'est pas clair!".

Françoise Bertieaux a aussi réagit aux propos de Rudy Demotte publiés par Le Soir ce jeudi. Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles suggère de mieux former les enseignants et d'améliorer leurs conditions de travail en début de carrière. "C'est fondamentale de travailler sur la formation des enseignants... Avant de la rallonger, [il faut] d'abord consolider la formation actuelle. [Il faudra aussi] revaloriser ! [...] Les pays qui ont les meilleurs taux de réussite de leurs élèves, sont les pays où le statut socio-économique des professeurs est le plus enviable". A ce propos, la chef de groupe MR dénonce les contradictions entendues sur ce sujet: "On va encore engager nous dit-on. On va encore essayer d'avoir moins d'élèves dans les classes. Plus on engagera, moins on aura moyen de payer [les professeurs] plus cher! A un moment donné on va devoir faire le choix de dire: ou on se débrouille avec le nombre d'enseignants qu'on a, mais ça permettra alors d'augmenter leurs revenus [...] Ou on continue à promettre plus d'encadrement [...] mais on ne promettra pas aux gens qui sont dans ces fonctions-là un statut enviable sur le plan socio-économique".

Enfin, concernant les 163 enfants qui n'ont toujours pas d'école pour la rentrée, Françoise Bertieaux trouve cela "triste! C'est désastreux! C'est lamentable! [...] C'est l'effet du xième décret Inscription. Je regrette qu'on ait passé, depuis 2007, beaucoup plus de temps sur les différents décrets Inscription et leurs aménagements que sur les fondamentaux (NDLR: lire, écrire et compter)".

Une interview à réécouter, en intégralité, sur Twizz Replay à 7h.40