Belgique

La collaboration entre l'Office des Étrangers et les services compétents en matière de fraude sociale va être renforcée.

Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), et Philippe De Backer (Open VLD), secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude sociale, ont signé un protocole d'accord visant à renforcer la collaboration entre l'Office des Étrangers (OE) et le Service d'Information et de Recherche Sociale (SIRS). Objectif : lutter contre la fraude sociale, la fraude au séjour et la traite des êtres humains.

L'année dernière, d'après l'Office des étrangers, 1.106 travailleurs sans-papiers ont été surpris. "Ces chiffres ne représentent que la partie immergée de l'iceberg", a ajouté Theo Francken, se référant aux réseaux de criminels se cachant derrière la façade du travail au noir. Theo Francken et Philippe De Backer ont donc décidé d'allier leurs forces, étant donné les liens étroits entre le séjour illégal et le travail au noir. "Les premières victimes sont les travailleurs mêmes. Des personnes en séjour illégal sont exploitées et travaillent à des tarifs bien trop bas", rappelle Theo Francken.

Concrètement, ce protocole entre le SIRS et l'OE vise à un meilleur échange entre leurs données. Les agents s'assisteront également mutuellement lors des contrôles. En outre, le personnel de terrain vont suivre des formations communes afin de réaliser des contrôles plus efficaces. Une banque de données reprenant les permis de travail et les permis de séjour sera également créée à destination des "employeurs honnêtes", a expliqué Philippe de Backer.

D'après Theo Francken, sur les 1.000 travailleurs surpris chaque année, environ 30 % sont emmenés en centre fermé. Les autres sont soit des mineurs ou des ressortissants dont le pays n'accepte par les rapatriements. Reste encore qu'il n'y a pas toujours suffisamment de places en centre fermé. Theo Francken a également rappelé que "les ressortissants européens qui travaillent souvent en noir dans les secteurs du transport ou du bâtiment sont autant concernés que ceux issus de pays tiers".

Selon de récents chiffres de l'Observatoire de la santé, 100.000 personnes sans-papiers travaillent dans l'ombre. Ils ont travaillé sur le chantier de la mise à quatre voies de la station de métro Arts-Loi, construisent nos bâtiments, soignent nos malades, assurent le nettoyage ou la maintenance pour des sous-traitants... Le tout pour un salaire misérable, sans protection sociale ou judiciaire, sans indemnisation en cas d'accident du travail ou de maladie.