Belgique

Aucune réponse claire n’avait été fournie par le politique : hors Verviers, a-t-on déjoué des attentats en Belgique ? Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon avait tenu à clore le débat il y a quelques mois en indiquant qu’il n’y en avait pas eu depuis qu’il était à l’Intérieur.

Dans une interview publiée par "De Tijd", le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, en place depuis avril 2014, répond par l’affirmative à la question du journaliste. "C’est une question difficile. Nous avons déjoué des attentats. Je ne peux pas en dire plus", dit-il.

Et d’expliquer que de tels dossiers ne débouchent pas forcément devant les tribunaux. "Nous avons des dossiers dans lesquels nous sommes certains d’avoir déjoué des attentats. Parfois, nous devons intervenir trop tôt pour ne pas prendre de risques. Les personnes échappent ainsi aux poursuites ou à une condamnation. Mieux vaut avoir un mauvais dossier judiciaire qu’un bel attentat", explicite le procureur fédéral.

Le risque d’attentat a augmenté

M. Van Leeuw ne se fait pas d’illusion : "Il ne faut pas être idiot. Le risque d’attentat en Belgique a augmenté. Cela restera le cas pendant des années." Mais pour le procureur fédéral, qui justifie la discrétion du parquet fédéral en matière de terrorisme, il n’est pas souhaitable de communiquer à chaque fois.

Et M. Van Leeuw de citer le cas de la cellule de Verviers : "Le terrorisme moderne utilise les médias et veut le plus gros impact possible. Cela a réussi à Verviers. Notre action a été filmée par un téléphone. Les images ont fait le tour du monde. L’impact, après les attentats de Paris a été énorme. Je ne critique pas les médias mais c’est ce que cherchent les terroristes : faire parler d’eux".