Belgique

Le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw, a adressé vendredi une mise en garde aux parlementaires dans la lutte contre le terrorisme. Depuis l'action menée à Verviers, la Belgique doit faire face à une menace inédite et devra apprendre à vivre avec elle comme d'autres pays européens l'ont fait. La menace qui se présente n'est plus celle des Cellules Communistes Combattantes (CCC) des années 1980 ou même celle d'Al Quaïda dans les années 2000, a fait remarquer le magistrat. Aujourd'hui, la police et la justice ont face à elles des centaines de personnes -"une petite armée"- qui sont parties se battre en Syrie et ont reçu un entraînement militaire.

"Nous n'avions jamais été confrontés à ce type de criminalité, avec des gens entraînés militairement et nombreux par centaines. Nous allons devoir vivre comme la Grande Bretagne ou l'Espagne ont vécu avec l'ETA ou l'IRA, mais où, finalement, c'est la démocratie qui a gagné", a déclaré M. Van Leeuw devant la Commission Lutte contre le terrorisme de la Chambre.

Les députés ont entendu des représentants de la police, du parquet et des juges d'instruction à propos de l'une des mesures annoncées dans la lutte contre le terrorisme: la prolongation du délai de garde à vue de 24 heures à 72 heures dans le cadre d'infractions terroristes. Unanimement, les différents intervenants ont plaidé en faveur d'un allongement de ces 24 heures qui leur apparaissent aujourd'hui largement insuffisantes. Tous se sont accordés pour réclamer un délai général de 48 heures, quel que soit l'infraction. Pour les représentants du ministère public, un délai de 72 heures se justifie tant pour le terrorisme que la criminalité organisée.