Fusillade à Bruxelles: le parquet qualifie les faits de "terroristes"

Rédaction en ligne (avec Gil. et Belga) Publié le - Mis à jour le

Belgique

Le parquet fédéral a annoncé lundi lors d'une conférence de presse qu'il avait qualifié les faits survenus lors de la fusillade au Musée juif de Belgique de Bruxelles de triple assassinat et de tentative d'assassinat terroristes. Toutes les pistes restent pour le moment ouvertes, a-t-il précisé. L'analyse des images des caméras de surveillance laisse apparaître que l'auteur de la fusillade a tué de sang-froid et avec une grande détermination. Ces circonstances combinées au fait que les actes ont été commis en moins d'une minute trente et ce à l'intérieur d'un musée font penser à un motif terroriste, selon le parquet fédéral.

Toutes les pistes d'enquêtes restent ouvertes à ce stade, a indiqué la magistrate fédérale Wenke Roggen. De nombreuses images de surveillance ont en outre été saisies et sont actuellement analysées. Le laboratoire de la police judiciaire fédérale va se rendre à nouveau au musée, ce qui implique que celui-ci restera fermé jusqu'à nouvel ordre.

Plusieurs témoins ont été entendus depuis samedi et plusieurs personnes ont pris contact avec les autorités judiciaires à la suite de l'appel à témoins du parquet de Bruxelles dimanche.

Tous les partenaires nationaux et internationaux des autorités judiciaires ont été mobilisés afin d'apporter toute information utile. Un juge d'instruction supplémentaire, spécialisé en terrorisme, a été désigne. Il épaulera le juge originellement saisi du dossier.

Un contact par ailleurs a été pris avec les familles des victimes israéliennes via l'ambassade afin de procéder au rapatriement des dépouilles.


Les victimes israéliennes inhumées mardi à Tel Aviv

Miriam et Emmanuel Riva, le couple de quinquagénaires israéliens abattus samedi au Musée juif de Bruxelles, seront inhumées mardi à Tel Aviv, a annoncé lundi l'Europe Israel Press Association (EIPA). Leur dépouille a été rapatriée dans la journée de lundi. L'Etat d'Israël a par ailleurs offert son aide à la Belgique pour l'enquête, a également indiqué l'organisation.

Le parquet fédéral, qui a repris l'enquête, a pris contact avec l'ambassade israélienne pour organiser le rapatriement des corps des deux touristes dans le respect des traditions. L'EIPA a par ailleurs indiqué que le Premier ministre Elio Di Rupo avait appelé son homologue israélien Benjamin Netanyahou "afin de l'informer des détails de l'avancement de l'enquête". Le Musée juif de Belgique, qui a ouvert un livre d'or en ligne à l'adresse condoleances@mjb-jmb.org, a en outre annoncé lundi soir qu'il n'était pas encore autorisé à rouvrir ses portes mardi, pour les besoins de l'enquête. "La reprise du travail et le point de presse prévu sont donc annulés", a précisé le musée dans un communiqué.


Le tueur filme ses crimes

Le tueur du Musée juif a filmé sa tuerie, comme Mohammed Merah il y a deux ans, à Toulouse, écrit la "Dernière Heure" dans son édition de ce lundi. Le tueur de la rue des Minimes, dans le quartier du Sablon, portait une caméra-poitrine fixée à la bandoulière de son sac. "Nous craignons un nouveau Merah", confie une source proche du dossier ayant requis l’anonymat.

Crédit: Polfed

Le bain de sang n’a duré que 35 secondes. Le tueur possédait deux armes, dont une kalachnikov à crosse pliable. L’affaire était minutieusement préparée, le chargeur de l’arme bien garni. Son objectif : faire un maximum de victimes. Les vidéos montrent un homme au calme hallucinant qui quitte les lieux sans même jeter un regard vers le couple d’Israéliens qu’il venait d’abattre.

"Nos regards se sont croisés. Il n’y avait aucune sorte d’expression dans ses yeux". Les détonations inquiétaient cet antiquaire des environs. Il raconte cet instant où il croise le tueur, à hauteur des escaliers de la rue des Chandeliers. C’était un homme froid, glacé et solitaire, qui avait tout prévu - y compris le port de gants et d’une casquette. Il savait la présence de caméras extérieures et d’un CCTV dans le musée.

Et il avait repéré les lieux ! Comme le montre son absence totale d’hésitation quand, après avoir abattu le couple israélien à l’entrée du bâtiment, il marche d’un pas décidé vers la réception au fond à droite, pousse la porte, se baisse pour saisir la kalachnikov dans son sac, la porte à bout de bras et tire en "arrosant" vers le bas : Dominique et Alexandre ont dû, désespérément, chercher à se protéger. Un individu "de corpulence moyenne, athlétique, se déplaçant souplement", selon l’appel à témoin lancé par la police hier. Si vous le connaissez, appelez maintenant le 0800/30.300.

L’antiquaire qui l’a croisé sur le trottoir ajoute : "Un mec d’environ 30 ans". Cette estimation n’a pas été officiellement précisé. En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’il était coiffé d’une casquette sombre avec logo sur la face avant du côté gauche; vêtu d’un vêtement bleu clair avec un logo clair à hauteur de la poitrine du côté gauche, d’un pantalon sombre et de chaussures sombres avec semelles claires. Et donc un homme qui savait qu’à la différence de la synagogue de la rue Royale, un peu plus haut dans le quartier, le Musée juif ne serait pas protégé par des policiers.

Après avoir assassiné à même la rue le couple israélien de plusieurs balles dans la tête, le tueur exécute la seconde phase du plan en 28 secondes, sans se soucier des deux corps visibles à l’entrée - un passant pouvait déjà alerter la police, en effet très présente au Sablon avec le Jazz Marathon - ni des véhicules qui continuaient de défiler rue des Minimes (cinq dans le laps de temps). Puis le tueur sort à droite, marche du même pas décidé qu’en arrivant, croise l’antiquaire qu’il défie du regard et descend les deux volées d’escaliers de la rue des Chandeliers vers la rue Haute, où un témoin le perd de vue.

À Toulouse en mars 2012, Mohammed Merah filmait également ses tueries. Au total, ses trois expéditions feront sept morts dont trois enfants et six blessés. Depuis samedi, la police belge redoute que le tueur du Musée juif, qui agit en solitaire avec sa caméra-poitrine, soit un émule, voire un copycat de Mohammed Merah à Bruxelles…


Le Musée juif de Belgique ouvre un registre de condoléances en ligne

Le Musée juif de Belgique de Bruxelles annonce lundi l'ouverture d'un registre de condoléances en ligne afin de permettre au public d'adresser ses condoléances aux familles et aux proches des victimes. L'institution explique avoir assisté dimanche à un grand élan de solidarité en faveur des victimes en ayant reçu des messages de soutien du monde entier, qui la pousse à poursuivre sa mission.

Le public peut exprimer sa peine et son soutien aux familles et au musée en envoyant un message à l'adresse condoleance@mjb-jmb.org.

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