Belgique

L’ancien directeur du Botanique, Georges Dumortier, 70 ans, a été reconnu, jeudi, coupable de faux et d’escroquerie par le tribunal correctionnel de Bruxelles, mais il a bénéficié d’une suspension du prononcé de la condamnation. Son épouse, Jacqueline Schembri, 51 ans, prévenue de prise d’intérêt illégale comme coauteur, a été acquittée.

Georges Dumortier, qui a également été administrateur-délégué de l’Orchestre royal de chambre de Wallonie (ORCW) et présentateur de l’émission "Jeunes Solistes" (RTBF), a été condamné à verser 975 euros au Botanique et 1 230 euros, à titre provisionnel, à l’ORCW.

M. Dumortier était prévenu d’avoir falsifié des notes de frais, principalement de restaurants, en modifiant les dates ou les montants entre 2001 et 2006. Il lui était surtout reproché de s’être fait rembourser deux ou trois fois les mêmes dépenses par les différentes institutions auprès desquelles il exerçait un mandat.

C’est en mai 2010 que la chambre du conseil avait décidé de renvoyer Georges Dumortier devant le tribunal correctionnel.

Pour le grand public, l’intéressé demeure le présentateur de "Jeunes Solistes", une émission phare de la RTBF dans les années 80. Il excellait au cours de ce rendez-vous dominical à mettre en confiance de jeunes musiciens en herbe. Mais il était plus que cela. Homme de réseau, réputé proche du Parti socialiste, M. Dumortier a occupé des postes importants dans le paysage musical de la Communauté française : secrétaire général du Conseil de la musique, qu’il a créé, directeur du centre culturel de la Communauté française, le Botanique, et administrateur-délégué de l’Orchestre royal de chambre de Wallonie (Mons). Il aurait pu terminer sa carrière dans la gloire. Mais le Botanique, qui lui avait été si cher, a été son chemin de croix.

En juin 2006, Carlo Di Antonio, député et représentant CDH au conseil d’administration, mettait la main sur des notes de frais et des factures. Elles montraient que M. Dumortier menait un train de vie élevé, financé par les trois organisations qu’il dirigeait.

Une enquête administrative fut ouverte par la Communauté française et le dossier fut transmis au parquet. Les enquêteurs se rendirent vite compte que M. Dumortier rentrait parfois la même note de frais auprès de trois des institutions où il exerçait des responsabilités. En présentant de plus la souche originale au fisc, dans sa déclaration fiscale, à la rubrique des frais à déduire.

Autre sujet d’étonnement, des déplacements pouvaient être payés par le Conseil de la musique ou par l’ORCW alors que le Botanique allouait à son directeur voiture, carte d’essence et chauffeur.

Le 11 octobre 2006, Georges Dumortier était arrêté et inculpé pour faux et usage de faux, détournement de fonds public et prise d’intérêts. Il resta incarcéré jusqu’au 27 octobre 2006.