Belgique

Vingt ans après la disparition de Julie et de Melissa, comment analysez-vous le nouvel embrasement médiatique ?

Je savais qu’il y aurait un peu de remous médiatique, mais je suis très étonné parce que le 24 juin 1995 n’a jamais été une date importante pour la presse. Pour nous, oui, évidemment. On est un peu interloqués. On s’est dit que c’était sûrement à cause du procès que cette date a été mise en avant. J’ai l’impression que c’est comme si la presse voulait boucler la boucle. Il y a eu des commémorations 5 ans, 10 ans ou 15 ans après les événements, mais c’est la première fois qu’on en fait autant.

Comment le vivez-vous ?

Mal. Il y a eu toute une série d’articles à gauche et à droite avec des photos des petites, parfois à côté de certaines personnes que je n’apprécie pas. Cela soulève la question, éthique et philosophique, de l’utilisation d’images d’enfants morts. Je pense que les médias doivent se la poser.

On évoque toujours Julie et Melissa comme une entité indistincte. Cela revient à gommer un peu l’identité de chaque enfant. Ça doit être dur pour des parents…

C’est pour cela qu’à un moment donné, il y a déjà quelques années, on a pris chacun notre chemin : Jean-Denis et Louisa (Lejeune, NdlR) et Carine et moi. Nous, parents de Melissa, avons notre conception des choses, notre vision de la société. Il y avait pas mal de différences entre eux et nous.

Mais vous étiez "les parents de Julie et Melissa" ?

Oui, on nous a fabriqués comme "parents de Julie et Melissa". Cela a aussi été une construction médiatique, qu’on a assumée. Et puis voilà, il y a eu des décisions différentes… L’exemple le plus flagrant a été la présence, ou non, au procès en assises à Arlon, en 2004.

Les Lejeune y étaient, mais pas vous.

Nous, on n’était pas d’accord sur l’hypothèse du procès d’Arlon. Les procès, c’est un peu comme une croyance : si on n’a pas la foi, il ne faut pas y aller. C’est la position qu’on a prise et qu’on a eu un peu de mal à faire passer.

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