Belgique

L'asbl bruxelloise Globe Aroma, visée le vendredi 9 février à 16h15 par une opération de police au cours de laquelle sept sans-papiers avaient été arrêtés, a envoyé vendredi par recommandé une plainte au Comité P. L'opération, régulière selon la police, a suscité bon nombre de réactions de la part du monde culturel belge.

Globe Aroma est une association culturelle qui promeut des rencontres artistiques entre Belges et migrants, avec et sans papiers.

La plainte est soutenue par l'Overleg Kunstenorganisaties, qui regroupe quelque 200 organisations artistiques de Flandre et de Bruxelles. Elle est signée par l'avocat Georges-Henri Beauthier. La plainte qualifie les faits de coups et comportements agressifs, atteinte aux droit et libertés constitutionnelles dont la liberté de réunion et arrestation arbitraire et non conforme à la loi sur la fonction de police.

Elle vise des policiers en civil et en uniforme qui portaient des signes de la police fédérale ou de la police locale de Bruxelles-Ixelles

Une prétendue inspection fiscale et sociale

La plainte rapporte que "quatre personnes en civil prétendant être des policiers" sont entrés dans l'immeuble. Lorsque la directrice artistique s'est dirigée vers ces personnes en civil, il lui a été sginglaé qu'il s'agissait d'une inspection fiscale et sociale de l'asbl. Lorsque les documents ont été montrés à la personne représentant l'ONEm, celle-ci a dressé "une liste des documents qui devait être envoyés par email à l'administration pour... le 21 mars 2018!", peut-on lire dans la plainte.

Pour l'asbl, cette inspection "n'était en fait qu'un prétexte puisqu'au même moment des policiers en civil et en uniforme ont investi le rez-de-chaussée et le premier étage, intimant l'ordre aux visiteurs et aux membres de association présents de se laisser fouiller et de présenter leur carte d'identité".

"Des policiers très agressifs"

La plainte rapporte que "certains policiers étaient très agressifs" et que "des artistes ont été obligés de s'asseoir les mains sur la tête pendant que des menottes étaient passées".

La plainte, à laquelle plusieurs témoignages sont joints, fait état de privation de liberté "dans un local ouvert au public où s'étaient réunis le personnel de l'asbl, des artistes et des visiteurs alors qu'aucun délit n'avait été signalé". Elle souligne qu'aucun des policiers n'a montré un document émanant d'un juge d’instruction ou du procureur du roi: seule fut remise une feuille sans en-tête et sans adresse, reprenant la liste des documents à adresser à un fonctionnaire de l'ONEm.