Belgique

"Ce qui s’est passé est extrêmement choquant, nous dit Fabrice Murgia, de procéder à une rafle anti-migrants dans un lieu culturel pourtant aidé par la ville de Bruxelles et le gouvernement flamand. On veut faire peur au secteur culturel en intervenant dans des lieux qui sont des lieux culte de la démocratie et du vivre ensemble." Le directeur du National réagit ainsi, comme tout le secteur culturel flamand, à l’opération de police intervenue vendredi à l’asbl bruxelloise Globe Aroma, connue pour son travail artistique d’intégration vis-à-vis des migrants et demandeurs d’asile. Démarrée d’abord comme une intervention de l’inspection sociale, l’arrivée de la police s’est terminée par l’arrestation de sept sans-papiers dont un artiste qui devait exposer le soir même à l’espace Vanderboght. "C’était un vrai traquenard, ajoute Murgia. Sans doute, veut-on intimider le secteur culturel qui s’implique dans l’accueil des migrants et qui veut poser la question de la politique migratoire, mais ce secteur ne se laissera pas faire."

On se souvient, par exemple, que le National avait créé avec le Nimis Group la très belle pièce "Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut être pas vus", qui interrogeait la politique migratoire européenne avec, sur scène, des acteurs sans -papiers. Est-ce encore possible ?

L'Eglise condamne l'action policière

Sur La Première, l'Eglise catholique de Belgique a rejoint lundi la voix de la franc-maçonnerie pour dénoncer la politique migratoire du gouvernement fédéral. L'évêque de Liège Jean-Pierre Delville, référent de l'épiscopat sur la question des réfugiés, a également condamné l'action policière de vendredi et égratigné le projet de loi du gouvernement sur les visites domiciliaires. "Ca me choque, car nous sommes véritablement là à la limite de ce que la Constitution permet. Nous ne sommes pas d'accord (...) Les évêques ne font pas des déclarations sur un projet de loi, il y a une certaine séparation entre l'Eglise et l'Etat (...) mais nous devons proposer des alternatives", a-t-il dit.

L'Eglise de Belgique vient de publier un vade-mecum: "Réfugiés: comment mieux les accueillir", à l'initiative du vicariat de la ville de Bruxelles. "J'ai honte parce que nous ne sommes pas suffisamment accueillants par rapport au sud", a dit Jean-Pierre Delville. La politique du gouvernement, "c'est insuffisant", a-t-il jugé à cet égard.