Belgique

Le taux de récidive des conducteurs qui se voient imposer un éthylotest antidémarrage est 75% moins élevé que ceux qui reçoivent une peine traditionnelle, selon une étude de l'institut Vias, qui a présenté vendredi le dispositif en présence du ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR). D'après lui, la loi votée hier/jeudi à la Chambre constitue un énorme pas en avant dans la lutte contre les accidents dus à l'alcool et "une mesure essentielle pour une meilleure sécurité routière". La mesure entrera en vigueur le 1er juillet prochain et sanctionnera des faits survenus après cette date. Dès ce moment, les récidivistes condamnés avec un taux d'alcool d'au moins 1,2 pour mille et les conducteurs condamnés avec un niveau d'au moins 1,8 pour mille seront obligés d'installer un éthylotest antidémarrage dans leur voiture durant une période de temps décidée par un juge et qui peut aller jusque trois ans ou à titre définitif.

D'après une analyse de Vias, le taux d'alcool moyen des conducteurs impliqués dans un accident est d'1,7 pour mille. Mais plus de quatre automobilistes sur 10 (42%) ont une alcoolémie de 1,8 pour mille ou plus, alerte l'institut. Pour les 40-54 ans, le taux atteint même 51%, soit plus d'un conducteur sur deux.

Un résultat d'1,8 pour mille correspond à une consommation de 8 à 11 verres d'alcool sur une courte période de deux heures alors qu'avec déjà un taux d'1 pour mille, la plupart des personnes sont ivres, souligne Vias. En cas d'accident, les gens présentant un niveau d'1,5 pour mille et plus courent environ 200 fois plus de risques d'y laisser la vie que les conducteurs sobres.

Chaque année, plus de 180 personnes perdent la vie dans environ 5.000 accidents dus à l'alcool et 50.000 conducteurs sont en moyenne verbalisés pour alcool au volant. Vias suppose qu'environ 10.000 d'entre eux ont une alcoolémie de plus de 1,8 pour mille.

"Pour lutter contre ce petit pourcentage de conducteurs qui nuisent fortement à la sécurité routière, les campagnes de sensibilisation ont montré leurs limites", analyse dès lors l'institut.

Concrètement, une fois le dispositif, qui est raccordé au démarreur, installé, le conducteur devra d'abord souffler dedans afin de démarrer son véhicule. L'appareil empêchera de démarrer si le taux d'alcool est supérieur à 0,2 pour mille et peut par ailleurs demander au conducteur de répéter son geste à des intervalles réguliers durant son déplacement. Il disposera alors de 15 minutes pour le faire, en s'étant garé au préalable.

Le conducteur sanctionné devra en outre suivre un programme d'encadrement et s'acquitter des frais d'installation et d'utilisation du dispositif. Le tout représente une somme de 3.700 euros.

D'après la nouvelle loi, en cas de récidive à partir d'1,2 pour mille ainsi qu'en cas de taux d'alcool très élevé à partir d'1,8 pour mille, cet éthylotest antidémarrage doit en principe toujours être imposé. En cas de récidive, en plus de l'appareil, une peine de minimum trois mois de déchéance est couplée à quatre examens de réintégration (psychologique, médical, théorique, pratique).

En revanche, lorsqu'un conducteur est contrôlé pour la première fois avec une forte concentration d'alcool (au moins 1,8 pour mille), le juge peut déroger à cette obligation à condition de le motiver explicitement.

D'après les données provenant des expériences menées à l'étranger, l'éthylotest antidémarrage permet de réduire de 75% le risque de récidive. Pour Vias, on n'atteint pas 100% parce qu'il arrive que l'appareil ait été déconnecté, qu'il y ait eu une fraude ou que l'automobiliste ait utilisé un autre véhicule, ce qui est strictement interdit.

Les appareils récents rendent toutefois la fraude impossible en Belgique et les données compilées sont en outre utilisées lors des entretiens prévus dans le cadre du programme d'encadrement mis en place. Celui-ci est indispensable, selon l'institut, car, autrement, le conducteur a tendance à retomber rapidement dans ses travers.