Belgique

Au terme de près de six heures de réunion, les syndicats CGSP-Cheminots et CSC-Transcom et les directions de la SNCB, d'Infrabel et de HR-Rail se sont quittés vendredi peu avant 16h00 sans accord. La trafic ferroviaire reprendra toutefois dans la soirée à 22h00. Un nouveau préavis déposé par la CGSP-Cheminots est prévu à partir du dimanche 12 juin à 22h00. Du côté de la CSC-Transcom, la base doit encore être consultée. Un préavis pourrait également être déposé. "Il reste deux pierres d'achoppement", a expliqué Michel Abdissi, président de la CGSP-Cheminots. "Nous ne voulons toujours pas que l'on modifie la formule des jours de crédit (récupérations, ndlr), et nous attendions une réponse sur les punitions administratives et les diminutions de primes (à la suite de la grève spontanée lancée mercredi dernier)". "Sur ces deux points, nous avons reçu une fin de non recevoir" a déploré M. Abdissi. "Nous n'avons pas pu trouver de terrain d'entente. Nous avons pourtant formulé une proposition concrète", a-t-il poursuivi. "Nous avons proposé un effort d'une journée de travail supplémentaire dans le cadre de l'augmentation de la productivité. Mais, même avec cela, tout a été refusé."

La CGSP appelle toutefois à la reprise du travail à partir de ce vendredi 22h00 et a déposé un préavis de grève pour le dimanche 12 juin à 22h00. "Nous devons respecter la réglementation sur les préavis", a fait valoir M. Abdissi, "afin de donner une sécurité aux travailleurs. Après 10 jours d'absence injustifiées, les membres du personnel risquent la révocation", a-t-il expliqué. "Pour éviter une cascade de punitions, on doit prendre nos précautions. Notre devoir est de ne pas exposer les travailleurs et d'éviter une situation catastrophique."

Ludo Sempels, de l'ACOD-Spoor (équivalent néerlandophone de la CGSP-Cheminots) a pour sa part précisé que le préavis déposé courait du 12 juin à 22h00 au 19 juin, également à 22h00.

Du côté de la CSC-Transcom, Marianne Lerouge a déclaré être "sur la même longueur d'onde" que son collègue de la CGSP. "Nous avons formulé la même proposition en matière de productivité et elle a aussi été rejetée. Je vais immédiatement présenter la situation à la base et nous déciderons (vendredi) dans la soirée ou lundi au plus tard si nous déposons aussi un préavis de grève."

Selon Mme Lerouge, la discussion a été "très difficile". "Il y a des crispations des deux côtés de la table. Chacun campe sur ses positions."

La reprise du travail à 22h00 est également prévue par la CSC. "Il faut éviter des pertes de salaire conséquentes et toute insécurité par rapport à la réglementation."

HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, a également confirmé dans un communiqué qu'aucun accord n'a été trouvé "sur les indispensables efforts de productivité". "Aucun consensus n'a pu être trouvé au sujet d'une alternative valable aux anomalies apparentes dans l'application de la semaine de 36 heures", peut-on lire dans ce communiqué. HR-Rail a précisé que la note (à l'origine de la grève) "prévoit qu'un jour de crédit soit accordé par 18 jours de prestations. Les périodes de maladie, jours de crédit, vacances, congé syndical, promotion sociale, et congé éducatif ne donnant pas droit aux jours de crédit."

La société a également confirmé la tenue d'une réunion de conciliation mardi prochain, "suite au dépôt d'un préavis de grève de la CGSP."


La circulation des trains s'améliore en Wallonie

La circulation sur le rail wallon s'améliore d'heure en heure, indique la SNCB alors que syndicats et direction n'ont pas trouvé d'accord ce vendredi. En moyenne, un train sur deux à un train sur trois circule en Wallonie. A 15h30, toutes les grandes lignes de et vers Bruxelles étaient desservies. Des trains roulent de nouveau entre Tournai et Bruxelles, après une interruption complète depuis vendredi matin.

Sur l'axe Bruxelles-Namur, un train par heure circule vers le Luxembourg ainsi qu'un train sur deux depuis l'aéroport national. Entre Bruxelles et Charleroi, la navette circule toutes les heures dans les deux sens. Un train sur deux vers Brussels Airport en provenance de Charleroi circule via le tunnel Schuman. Entre Bruxelles et Mons, un train sur deux roule jusqu'à Saint-Ghislain.

Entre Bruxelles et Liège, l'omnibus depuis Mons circule et dessert les différents arrêts de la ligne 36. Il est également possible de rejoindre Landen et de prendre un omnibus jusqu'à Liège.

Les lignes Liège-Welkenraedt et Liège-Maastricht sont desservies par des navettes. Un train sur deux roule vers Marloie et vers Gouvy.

Sur la dorsale wallonne entre Mons et Namur et entre Namur et Liège, un train circule toutes les heures. La circulation sur cette ligne était compliquée vendredi matin à la suite d'un bris de caténaire.

A partir de Namur, un train sur deux roule vers Dinant. Entre cette dernière et Bertrix, un train sur trois circule. Les omnibus roulent "de manière quasi optimale" entre Namur et Ciney, entre Libramont et Ciney et entre Arlon et Libramont.

La circulation se déroule parfaitement entre Ottignies et Louvain, ajoute la SNCB.

Quelques points noirs subsistent dans le Hainaut. La circulation est quasiment nulle entre Charleroi Couvin. Elle est inexistante entre Charleroi et Erquelinnes. Les lignes Grammont-Ath-Mons et Tournai-Mouscron ne sont pas desservies.

"Une majorité des piquets de grève sont levés", annonce la direction des TEC

A l'issue des assemblées générales des travailleurs des TEC organisées ce vendredi, "une majorité des piquets de grève sont levés", a affirmé vendredi soir la société régionale wallonne du transport. Selon cette dernière, les salariés ont décidé de reprendre le travail aux TEC Namur-Luxembourg, Brabant wallon et Liège-Verviers.

Dans le Hainaut, le piquet doit être levé à La Louvière mais pas à Mons-Bassins, Tournai et Eugies.

Enfin, aux TEC Charleroi, les piquets sont maintenus.

Les transports publics wallons sont à l'arrêt depuis mardi, journée d'actions dans le service public.