Belgique

Le président du MR, Olivier Chastel, a dénoncé jeudi la grève du personnel de la SNCB qu'il juge "injustifiable". Il appelle les dirigeants syndicaux à reprendre le contrôle de leurs troupes et à respecter les accords sociaux qui prévoient le respect de délais de préavis avant d'entamer des actions. "Cette grève sauvage empêche les étudiants de rejoindre leurs écoles en pleine période d'examens. Elle empêche les navetteurs de se rendre au travail. Elle nuit à nouveau à l'image de notre pays, et singulièrement à sa partie francophone", déclare le président des libéraux francophones dans un communiqué.

M. Chastel ajoute que "les cheminots ne doivent pas espérer la compréhension des usagers de la SNCB tant les raisons de cette grève sont injustifiables".

La SNCB doit améliorer sa productivité pour faire face à la concurrence des autres opérateurs ferroviaires dans le cadre de la libéralisation du rail, souligne-t-il.

Le président du MR décrit dans son communiqué la mesure qui embrase les chemins de fer belges. D'après ses explications, les travailleurs prestant 38 heures par semaine au lieu des 36 prévues accumulent ces heures supplémentaires sous forme de jours de crédit, et ils accumulent ces deux heures même s'ils sont en congé durant une semaine. "Cette anomalie devait bien sûr être corrigée", ajoute-t-il. La réforme, issue de la concertation sociale, prévoit que les heures ne sont pas accumulées lors des semaines non prestées, précise-t-il.


"C'est de la désinformation" (CGSP)

"C'est de la désinformation", s'est exclamé le secrétaire permanent de la CGSP, Philippe Dubois.

Quand les 36 heures par semaine ont été négociées, elles se sont accompagnées d'une perte de salaire que compensent un forfait de 13 jours de crédit et des engagements de personnel qui, d'après le responsable syndical, n'ont jamais eu lieu.

"On cherche à nous discréditer alors que les travailleurs se sentent de plus en plus mal, sont fatigués parce qu'il y a de moins en moins de personnel et qu'ils sont de plus en plus sous pression", a commenté M. Dubois.


Le ministre de la Mobilité François Bellot déplore la grève

Le ministre de la Mobilité, François Bellot, a déploré jeudi la grève qui perturbe sérieusement le trafic ferroviaire - particulièrement en Wallonie - en violation d'un protocole d'accord datant de 2009 et prévoyant des délais avant de déclencher une telle action. "C'est une grande incompréhension", a-t-il affirmé lors de l'émission Matin Première de la RTBF-radio, dont il était l'invité, tout en refusant de prononcer le mot "inexcusable" utilisé par le syndicat étudiant de l'Unécof pour qualifier cette grève en période d'examens scolaires et universitaires.

"Ici, les gens sont pris au piège", a déploré M. Bellot (MR), qui affronte ainsi son premier mouvement social d'envergure depuis son entrée en fonction le 18 avril dernier, quand il a succédé à Jacqueline Galant après sa démission.

Il a appelé les syndicats à faire preuve de "bon sens" en arrêtant "de grâce" ce mouvement qui prend au piège les usagers.

Les syndicats CGSP Cheminots et CSC Transcom ont annoncé mercredi une grève dès 22h00 pour protester contre la décision de HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d'appliquer une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots, sorte de jour de récupération.

M. Bellot a souligné que cette grève intervenait alors que l'"encre de l'accord social (conclu récemment entre les syndicats et la direction de la SNCB, ndlr) n'est pas encore sèche" et ne concernait qu'un seul article de cet accord.