Belgique

De nombreux navetteurs se sentent lésés par cette grève qui les place devant le fait accompli. Les syndicats de cheminots appellent à mener des actions au finish dès 22h ce mercredi.

"Les voyageurs sont mis devant le fait accompli. Ce sont encore eux qui vont payer les pots cassés de problèmes internes à la SNCB", déplore Gianni Tabbone, président et porte-parole de Navetteurs.be. Sur les réseaux sociaux, les gens ne peuvent cacher leur colère envers les syndicats des cheminots qui ne préviennent que quelques heures avant leur mouvement de grève. La société des chemins de fer recommande aux voyageurs de se référer aux informations de la SNCB qui seront disponibles sur son site, Twitter, Facebook, l'application SNCB ou encore les annonces en gare.

La SNCB met en garde mercredi soir les voyageurs sur de possibles répercussions sur le trafic ferroviaire de la grève nationale sur le rail annoncée dès 22h par les syndicats des cheminots CSC Transcom et CGSP Cheminots. "La circulation des trains devrait être entravée dès 22h00 ce mercredi", selon la société des chemins de fer. "Il est impossible de prévoir les lieux et l'impact de ces actions. Celles-ci peuvent être différentes d'une région à l'autre mais au vu de la configuration du réseau, les perturbations pourraient se faire ressentir sur tout le réseau", selon la SNCB.

La SNCB déplore cette action et mettra tout en œuvre pour assurer le trafic des trains et limiter les perturbations, fait-elle savoir. "La grève est menée en front commun au niveau national. Les principales gares du pays devraient être bloquées, tout comme les ateliers", a annoncé le président de la CGSP Cheminots, Michel Abdissi. "Aujourd'hui, tous les ateliers étaient en grève. Le mouvement va être repris par les accompagnateurs et les conducteurs de train face au refus des directions du rail d'entendre les requêtes du personnel", explique M. Abdissi. La mesure diminuant les jours de crédit "concerne les 34.000 cheminots", indique-il encore, insistant ainsi sur l'ampleur que pourrait prendre la grève.

Les plus grandes gares sont concernées par les actions et les piquets seront maintenus devant les différents ateliers à travers le pays, selon M. Abdissi.






Navetteurs.be: "Risque de détruire la fiabilité des services publics"

L'appel des syndicats CGSP-Cheminots et CSC-Transcom à mener une grève sur le rail dès 22h mercredi passe difficilement auprès des association de voyageurs Navetteurs.be et TreinTramBus. "Ce type d'actions sauvages risque de détruire la fiabilité des services publics et de se retourner contre les travailleurs eux-mêmes", a commenté Gianni Tabbone, président et porte-parole de Navetteurs.be. L'association déplore l'absence d'un préavis suffisamment long pour permettre aux usagers de s'organiser. "Les voyageurs sont mis devant le fait accompli. Ce sont encore eux qui vont payer les pots cassés de problèmes internes à la SNCB", a déclaré M. Tabbone.

Pour l'association TreinTramBus, l'action des cheminots est néfaste à l'heure où des efforts sont faits pour "sortir les navetteurs de leurs voitures".

La grève prévue entraîne une grande incertitude pour les usagers qui ne savent pas s'ils pourront rejoindre leur lieu de travail, regrette le président de l'organisation. "Cela donne l'impression qu'on ne peut pas se fier aux services publics."

Les syndicats CGSP-Cheminots et CSC-Transcom ont annoncé mercredi une grève dès 22h00 pour protester contre la décision de HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d'appliquer une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots, sorte de jours de récupération. "Les principales gares du pays devraient être bloquées, tout comme les ateliers", a annoncé le président de la CGSP-Cheminots, Michel Abdissi.






Plusieurs piquets de grève déjà installés en Wallonie et à Bruxelles

Des piquets de grève avaient déjà été installés mercredi vers 21h30 dans les gares de Mons, Mouscron et Charleroi, ainsi qu'au dépôt de Forest, indique la SNCB. La grève, appelée par la CGSP-Cheminots et la CSC-Transcom, doit débuter à 22h00 et se prolongera pour une durée encore indéterminée. Les pendants flamands des deux syndicats se sont quant à eux distanciés de l'action.

"Le centre névralgique de la grève se situera en Wallonie, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'impact en Flandre", précise un porte-parole de la SNCB. De nombreux trains traversant le pays, "tout dépendra de ce qu'il se passera à Bruxelles".


Une grève au finish

Aucune nouvelle rencontre avec les directions n'est prévue à l'heure actuelle, selon M. Abdissi. Les directions ont cependant fait savoir qu'elles étaient disposées à poursuivre la concertation. "Nous attendons d'être réinvités autour de la table", selon le président de la CGSP Cheminots.

Si du côté de la CGSP, on parle de grève au finish, la CSC se montre plus prudente: "Nous espérons quand même que la direction ouvrira les débats", fait savoir Isabelle Bertrand, permanente nationale de la CSC Transcom.

La grève menée en front commun débutera dès 22h00. "Nous voulons donner la possibilité aux voyageurs de rentrer chez eux", indique Philippe Dubois, secrétaire permanent de la CGSP Cheminots pour Bruxelles.

Le syndicat chrétien flamand ACV-Transcom, tout comme le pendant flamand de la CGSP, l'ACOD, ne souhaitent pas prendre part à la grève, a fait savoir le responsable de l'ACV, Luc Piens. De leur côté, les syndicats CGSP-Cheminots et CSC-Transcom annoncent des actions dès 22h00 mercredi. Les syndicats CGSP-Cheminots et CSC-Transcom ont annoncé mercredi une grève dès 22h00 pour protester contre la décision de HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d'appliquer une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots, sorte de jours de récupération.

La mesure impacte profondément le personnel, selon M. Piens, "mais nous appelons à ne pas mener d'actions".

"Nous devons sortir de cette impasse", explique le représentant syndical.

Le mouvement de grogne des cheminots a débuté, mercredi, dans différents ateliers du pays.

Un mouvement de grogne des cheminots a débuté, mercredi, après la décision de HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d'appliquer une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots, sorte de jour de récupération.

Ces jours de crédit sont des jours de récupération dont bénéficie le personnel qui est amené à travailler 40 heures par semaine, alors que le régime officiel est de 38 heures en Belgique. Par une convention interne, il a été prévu que le temps de travail était fixé à 36 heures par semaine au sein des chemins de fer belges. Pour compenser les jours prestés, des jours de récupération et de crédit ont été mis en place.

La mesure qui diminue les jours de crédit des cheminots avait été décidée en décembre dernier dans le cadre de l'augmentation de la productivité des travailleurs du rail. HR-Rail était alors passé en force en commission paritaire nationale, selon les syndicats. La décision avait cependant fait l'objet d'un recours, toujours en cours, devant le Conseil d'Etat. HR-Rail a décidé de ne pas attendre une décision de cette juridiction pour diminuer les jours de crédit de son personnel, et cela, avec effet rétroactif au 1er janvier, selon les syndicats qui dénoncent la volonté de HR-Rail de supprimer un à deux jours de crédit par agent, sans remettre à niveau les salaires.


"Les syndicats ont eu cinq mois pour proposer des alternatives"

Les syndicats ont eu cinq mois pour proposer des alternatives mais ils ne l'ont pas fait. C'est pourquoi la décision a été prise de mettre en œuvre les mesures sur les jours de crédits, affirme HR Rail, l'employeur juridique du personnel ferroviaire, en réaction à l'arrêt de travail mercredi dans une série de lieux de travail de la SNCB.

La direction des chemins de fer a approuvé en décembre une série de mesures pour améliorer la productivité, à la demande du gouvernement. Il a notamment été décidé de comptabiliser le nombre de jours de crédits accordé à chaque travailleur sur la base des prestations réelles effectuées, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Les travailleurs ont droit à des jours de crédit parce qu'ils travaillent en pratique plus que le temps de travail officiel de 36h.

"Nous avons toujours dit que nous étions ouverts au dialogue sur la meilleure manière de mettre en place la mesure et son timing", déclare Litte Frooninck, la porte-parole de HR Rail. "Nous avons eu cinq mois pour la concertation mais les représentants des travailleurs n'ont offert aucune alternative qui mène aux mêmes résultats". La semaine passée, le comité directeur a donc décidé de mettre en place la mesure et d'envoyer une circulaire.

Selon les syndicats, le nouveau calcul mène à la perte d'un à deux jours de crédit.

Mercredi après-midi, la situation restait inchangée, avec les arrêts de travail à Bruxelles, en Wallonie et à Malines. Dans les gares de Bruxelles Nord et Midi, les guichets ne sont pas disponibles. Le trafic autour de Charleroi, où une cabine de signalisation est concernée par les actions, reprend petit à petit, ont signalé la SNCB et Infrabel.


"Triste", François Bellot appelle au dialogue tout en mettant en garde

Le ministre de la Mobilité François Bellot s'est dit "triste" mercredi en commission de l'Infrastructure de la Chambre après l'annonce d'une grève spontanée au finish démarrant mercredi soir à 22 heures dans le chemin de fer. "Je suis triste qu'il y ait une grève aujourd'hui pour un accord social dont l'encre n'est pas encore sèche". Le nouveau ministre a indiqué être un "homme de dialogue". Il a dit préférer la concertation, ajoutant que sa "porte était toujours ouverte". Le ministre MR a dit être animé d'un bon sentiment, précisant qu'il était "dans l'intérêt de tous de trouver des solutions win-win". Il a mis en garde face à l'ambition de la Commission européenne d'imposer la libéralisation du rail en 2023. "C'est la raison pour laquelle nous avons besoin d'une vision forte si nous voulons maintenir un avenir pour l'opérateur historique en Belgique".

Il ne s'agit pas que d'améliorer la ponctualité, il faut surtout plus de productivité, a-t-il insisté. M. Bellot a renvoyé à l'exemple suisse, un succès "en dépit d'un réseau bien plus compliqué que le nôtre". Le ministre a également cité bpost parmi les entreprises désormais prêtes à affronter l'avenir. "Parce que la société et les besoins de la société ont changé", a-t-il souligné.

Le ministre de la Mobilité a invité le personnel en grève de la SNCB à "se mettre à la place des citoyens". Mardi, "l'ensemble du personnel de la SNCB a participé à la manifestation nationale à l'exception de l'opérationnel nécessaire à l'acheminement des manifestants à Bruxelles. Le lendemain, on organise une grève sauvage. Je dis: 'attention!' Et cela, pour deux raisons: on prend en otage des gens qui vont travailler et on vient de signer un accord social. Quelle est encore sa valeur?", s'est il interrogé. Le ministre a rappelé l'existence d'un protocole d'accord sur les grèves sauvages repris dans le nouveau contrat de gestion.